DRANCY, DERNIÈRE ETAPE AVANT L’ABÎME

Le film commence dans la banlieue nord de Paris, à la gare désaffectée de Bobigny, point de départ des trains de déportation qui emportaient, dans des wagons à bestiaux, les internés de Drancy vers les camps d’extermination d’Auschwitz, de Maïdanek et de Sobibor. Ouvert le 20 août 1941, le camp de Drancy était le seul en France à n’avoir que des internés juifs ou considérés comme tels par les lois de Vichy, qu’ils soient acheminés directement ou triés parmi les internés juifs des autres camps français. Cette histoire tragique, longtemps occultée, nous est transmise via des témoignages d’internés qui ont été déportés ou qui ont échappés à la déportation, et qui ont assistés, impuissants, aux départs vers une destination inconnue alors dénommée Nacht und Nebel. De mars 1942 à août 1944, 76 174 juifs dont plus de 11 000 enfants ont été déportés du camp de Drancy. En 1945, il y avait moins de 3000 déportés survivants.


L’avis d’IMAJ, par Béatrice Godlewicz

Ce qui frappe dans ce documentaire, c’est la simplicité avec laquelle les témoins relatent leur vécu de Drancy et la clarté chirurgicale de la réalisation. Les témoins qui se sentaient, se pensaient français et si peu juifs dans leur enfance et adolescence, décrivent presque tous le choc des Français en képi venus les humilier, les interpeller, les déporter. Drancy à quelques km de Paris, a été l’antichambre de la mort pour 76 000 hommes, femmes et enfants. La participation active de la France de Vichy à l’extermination de ses Juifs se retrouve dans les documents d’archives mis en avant dans ce film. La mention spéciale du Jury au Festival du film d’histoire à Pessac en 2002 est justifiée. Ce film très didactique est un bon outil de travail pour les cours d’histoire.