LE VIEIL HOMME ET L’ENFANT

Fils d’un pelletier juif, le petit Claude vole à la barbe des occupants allemands un tank dans un magasin de jouets. Reconduit chez ses parents, il est grondé par son père affolé qui lui reproche de risquer, par ses gamineries, d’attirer l’attention de la Gestapo sur sa famille vivant dans l’angoisse de la déportation. Incorrigible, le petit Claude est envoyé à la campagne, chez des retraités de la région grenobloise, braves gens vivant dans le culte du « Maréchal ».

deuxième guerre mondiale – antisémitisme – enfance.


L’avis d’IMAJ, par Adolphe Nysenholc

C’est une histoire d’enfant juif caché pendant la guerre qui mêle, avec beaucoup de fraîcheur, émotion et humour. Titi de Paris, celui-ci se retrouve placé chez des retraités âgés, près de Grenoble pour échapper à la déportation. Le sel de ce film est que le vieil homme qui sauve l’enfant est antisémite. Le pétainiste de province, qui ne sait pas qu’il héberge un jeune petit traqué par les nazis, déblatère contre les israélites avec tous les clichés connus. Mais il adore le petit garçon, qui se révèle pétillant de vie et d’esprit. Entre le vieil homme et l’enfant, s’installe une profonde tendresse. Ils font ensemble les 400 coups.
Le film montre combien la fraternité humaine peut-être naturelle et comment toute idéologie aliène, empêche de sentir en l’autre son semblable. Le chef de la famille d’accueil, pourtant bonhomme, se ridiculise malgré lui aux yeux de l’enfant, par ses bouffées d’idées reçues. A la propagande de Vichy diffusée par la radio qu’il écoute à table, le vieux fait écho avec ses préjugés qui l’aveuglent, au point de ne pas voir qu’il pourrait même blesser son petit protégé. Seulement, son cher gamin, par affection mais non sans malice, avec des questions embarrassantes, apparemment naïves, amène l’indécrottable xénophobe à modifier peu à peu son point de vue. Le petit rescapé finit par sauver, quelque part, lui, son Juste.
Ainsi, en patriarche de la France profonde, le Pépé bougon a le cœur gros quand les parents qui ont survécu aux rafles viennent lui enlever son petit ami juif. Le rôle du vieux est incarné par un inoubliable Michel Simon, qui y est tout simplement génial. Inspiré de ce qu’a vécu à 9 ans en 1943 le réalisateur, ce film de fiction a aussi valeur de témoignage. Claude Berri signe un film digne du Kid de Charles Chaplin.

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