EXODUS

Chypre 1947. Des milliers de Juifs venus d’Europe centrale sont parqués dans des camps par les troupes britanniques, attendant d’embarquer pour la Palestine. Une infirmière américaine obtient du général britannique Sutherland l’autorisation de soigner les malades. Le colonel Ari Ben Canaan, dirigeant d’une section de la Haganah, réussit, par ruse, à  forcer le blocus. Il embarque 400 émigrants sur l’Exodus qui fait route vers le port d’Haïfa.

deuxième guerre mondiale – migration – sionisme.


L’avis d’IMAJ, par Béatrice Godlewicz

Le film Exodus est une adaptation libre du roman de Leon Uris. Réédité dans un format DVD avec les deux versions, longue et courte, il reconstitue un moment fort de l’épopée sioniste. Il évoque moins le périple désespéré et la lutte obstinée que menèrent les rescapés de la Shoah pour rejoindre une terre où ils seraient acceptés en tant que citoyens à part entière.
Il est vrai que le monde finit par s’émouvoir du sort de ceux à qui on avait dénié le droit de vivre. Et l’émotion, qui circula tant en Europe qu’en Amérique, contribua sans doute à une empathie qui se répercuta sur la reconnaissance de l’Etat d’Israël en 1948.
La mise en parallèle de l’Histoire et de la fiction réalisée par Otto Preminger serait trop longue à établir, le film s’écartant beaucoup des faits historiques liés à l’ « Exodus 1947 ».
C’est davantage à l’image des rescapés que nous nous attarderons, image idéalisée de telle sorte que les victimes d’hier, toutes très dignes, puissent évoluer en héros de la résistance contre les forces britanniques opposées à l’immigration des Juifs en Palestine. Peu de choses sont dites sur les souffrances et la violence vécues dans les camps d’extermination nazis si ce n’est discrètement par une personne à propos d’une autre, chacun restant silencieux sur son propre malheur. L’explosion de douleur de Dov Landau est à ce titre exceptionnelle, lorsque désirant entrer dans le mouvement de l’Irgoun il est interrogé sur son passage dans ces camps et que, confronté à ses mensonges, il se met à pleurer, bouleversé par le réveil de son expérience douloureuse comme sonderkommando.
C’est là le seul moment de grande vérité sur le vécu de la Shoah, moment bref mais incisif, noyé dans un silence lénifiant sur l’enfer que les rescapés ont connu. En cela, le film reflète parfaitement le silence qui s’est abattu sur le monde. Qui voulait réellement entendre ?
Le cinéma américain a longtemps eu besoin d’américaniser les personnages d’origine étrangère et, quand ce cinéma s’est ouvert aux minorités, il s’est employé à rendre cet Autre acceptable aux yeux du spectateur lambda. En ce qui concerne les Juifs, producteurs et réalisateurs avaient un profond désir de faire réfléchir sur l’antisémitisme tout en émouvant délicatement le spectateur sur le sort de cette minorité.
Le film, malgré ses défauts en termes historiques et de psychologie humaine, reste captivant, imprégné qu’il est de propos d’une grande sagesse, d’une musique restée mythique et surtout pour sa narration d’une tranche récente de l’Histoire européenne avec toute la simplicité dont nous spectateurs aimons souvent nous nourrir.

Disponibilité du film

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