ETS HADUMIM TAFUS – SOUS LE POMMIER SAUVAGE

D’après le récit autobiographique de Gila Almagor qui, dans le film, joue le rôle de la mère d’Aviya, une jeune fille de quinze ans placée dans un home d’enfants parmi les adolescents survivants de la Shoah.
Tout se passe presque bien dans le village entre les adolescents et leurs éducateurs. Mais les cauchemars reviennent avec la nuit. Quand tout devient trop lourd, la seule place où les jeunes gens trouvent un peu de paix et d’intimité, c’est sous le pommier sauvage.


L’avis d’IMAJ, par Rémy Mendelgwaig

Ce film autobiogaphique de l’actrice Gila Almagor décrit l’arrivée, dans un kibboutz de 1953, des enfants de la Shoah. Le film est poignant et troublant.
Ces adolescents revivent chaque nuit leurs traumatismes dans leurs cauchemars. Yola éclate de joie à l’annonce que son père a été retrouvé à Varsovie, bonheur qui rejaillit sur tout le groupe, sauf sur Mira, la nouvelle, pas intégrée, rebelle, qui revient de « là ». Cette joie se transforme en drame lorsqu’est annoncée la mort du père.
Cette quête incessante de la vérité sur les parents disparus est le fil conducteur du film. Yola, dans ses préparations joyeuses pour son départ à Varsovie, reçoit, de ses amis, des lettres à transmettre en Pologne, sans adresse de destination. Aviya est confrontée à l’amnésie et la folie de sa mère, dans ses recherches de son père. Mira tente de démêler la toile confuse de ses souvenirs et de retrouver l’image de sa mère, pour repousser les tentatives d’un couple de survivants de la Shoah, qui s’impose à elle comme ses parents.
Mais ce film est troublant du fait du fossé qui se crée entre le monde de ces adolescents de l’après-Shoah et le monde du kibboutz, de la nouvelle société utopique en construction. La directrice du pensionnat refuse de comprendre les besoins profonds de ces enfants. Le personnage qui aurait dû permettre l’intégration des enfants sans ignorer leur passé, le moniteur du groupe, Ariel, se révèle hésitant, sans vraie autorité, louvoyant entre la directrice, représentante de la société israélienne en marche, et les enfants.
Deux adultes se découvrent très humains face à ces enfants. Le juge qui doit statuer dans l’affaire d’adoption de Mira, lui permet, par son infinie patience et gentillesse, de retrouver des pans entiers de sa mémoire. Et le merveilleux instructeur-jardinier, ancien résistant hollandais à l’hébreu hésitant, qui entraîne les enfants dans une aventure belle comme un conte de fées : faire fleurir des tulipes dans le sol rocailleux de la Terre des ancêtres.

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