THE PIANIST – Le pianiste

Wladyslaw Szpilman, un brillant pianiste, est le seul d’une famille juive de six personnes à échapper à la déportation vers les camps de la mort après l’invasion de la Pologne par les Nazis. Au cœur du ghetto de Varsovie, il partage les souffrances, les humiliations et les privations des Juifs polonais. Comme par miracle, il parvient à s’échapper du ghetto et se réfugie dans les ruines de la capitale où il subit la faim et l’angoisse permanente d’être découvert. Peu avant la fin de la guerre, un officier allemand mélomane (Wilm Hosenfeld) l’aide et le sauve de la mort.


L’avis d’IMAJ, par Rémy Israël Mendelzweig

Ce film raconte le destin de Wladek, un jeune pianiste juif à Varsovie travaillant à la radio polonaise et bien connu des milieux culturels de la capitale à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. A travers son odyssée tragique nous découvrons le destin de la communauté juive de Varsovie durant la Shoah.
Le Pianiste est un film fondé sur l’autobiographie de Wladyslaw Szpilman, qui parut en 1946.
Une famille juive aisée, un petit monde heureux, se retrouve rapidement dépossédée de tout. De vexations en humiliations, cette famille se voit forcée de lutter pour sa survie. Dépouillée de ses biens elle rejoint le long défilé des Juifs déportés vers ce qui deviendra le ghetto de Varsovie. Ces familles qui traversent Varsovie en un cortège funèbre, au milieu du silence oppressant des passants, voilà une image terrible qui résume la solitude des Juifs dans la Shoah. Seule parmi les spectateurs passifs, une admiratrice du pianiste exprime de la compassion. Et pourtant, c’est justement la sympathie de quelques non-juifs, et beaucoup de chance, qui permettra à Szpilman de garder la vie sauve. Ce récit présente le cas de cette poignée d’individus qui réussit, comme Szpilman, à plonger dans la clandestinité et à échapper tout au long de la guerre aux bourreaux nazis grâce à l’aide de quelques compatriotes polonais chrétiens, voire laïques. Il s’agit de cas isolés, comme en fait dans la plupart des pays de l’Europe occupée où l’antisémitisme dominant a aidé la machine nazie. Certes, la xénophobie en Pologne avait atteint un pic élevé, mais l’Allée des Justes à Jérusalem comporte le plus de noms de sauveurs polonais, comme Sendlerowa Irena.
Nous ne pouvons pas rester placides et ne pas ressentir le désarroi qu’éprouve Szpilman témoin impuissant de la destruction totale de son monde, de sa famille, de la vie juive de Varsovie. Et pourtant, le revoilà installé au même endroit après la Libération, dans le studio de la radio polonaise jouant Chopin. Est-ce à dire que la vie reprend son cours normal après l’horrible entracte de la Shoah ? Le survivant doit-il reprendre le fil au point où il a été coupé pour pouvoir vivre ? En tout cas c’est la voie choisie par Szpilman. Le film ne nous révèle pas trop son monde intérieur, si ce n’est à travers la musique. Tout a l’air de se dérouler hors de lui. Il n’a que rarement prise sur les événements.
Ce film marquant de Polanski invite à une réflexion sur la solidarité face aux persécutés, sur la place de toute passion artistique comme ultime résistance face au désespoir.

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