KRAJOBRAZ PO BITWIE – Paysage après la bataille

Hiver 1945. Les portes d’un camp de concentration allemand s’ouvrent devant les troupes américaines. Les détenus polonais sont transférés dans une ancienne caserne S.S. Là, ils attendent, désœuvrés, inquiets; se querellent, volent, se vengent, parlent patriotisme et politique : doivent-ils retourner dans leur pays, ou couper définitivement les ponts ? Au cœur de ce chaos, un jeune intellectuel, Tadeusz , à la recherche de la véritable solution, amasse des livres à demi-calcinés. Un jour, lors de l’arrivée de réfugiés civils, il rencontre Nina, une jeune juive polonaise qui vient de fuir son pays, et qui est ivre de liberté …

Film opens with the mad rush of haphazard freedom as the concentration camps are liberated. Men are trying to grab food, change clothes, bury their tormentors they find alive. Then they are herded into other camps as the Allies try to devise policy to control the situation. A young poet who cannot quite find himself in this new situation, meets a headstrong Jewish young girl who wants him to run off with her, to the West. He cannot cope with her growing demands for affection, while still harboring the hatred for the Germans and disdain for his fellow men who quickly revert to petty enmities.


L’avis d’IMAJ, par Béatrice Godlewicz

Film complexe, intellectuel, Paysage après la bataille semble destiné à un public averti de l’histoire de la Pologne, de la culture polonaise, des relations de ses habitants avec les minorités et les voisins immédiats. Basé sur l’absurde et le grotesque, le spectateur lambda risque de voir s’échapper le sens de scènes qui sont autant d’allusions.et de signifiés.
L’après deuxième guerre mondiale est auscultée sous l’angle exclusivement polonais, prisonniers politiques ou qualifiés d’inadaptés par le régime nazi, prisonniers d’un univers qui ne les concernent qu’eux où s’entredéchirent différentes sensibilités. Le gitan et le juif, plutôt la juive, y figurent comme des symboles de l’Autre qui font partie de l’Histoire mais n’en restent pas moins un détail.
Des propos d’une grande profondeur émaillent ce film où l’on retrouve aussi toute l’ambiguïté de Wajda par rapport aux Juifs, à la fois personnage sacrifié de l’histoire et celui qui a le « nez » pour tirer profit de toute situation: « celui qui jouait bien du violon, même s’il était juif, avait une chance de survivre ». La figure christique, par excellence, est bien sûr le Polonais qui porte à la fois la culpabilité, l’amour du prochain, une générosité infinie vis-à-vis de l’humanité. Film pour les amateurs d’un cinéma romantique, noir et allusif.