THE BIRTHDAY PARTY

In the summer of 1944, three trainloads of boys from Kovno, Lithuania, ages 7 to 12 and survivors of the notorious Ghetto Children’s Action, were rounded up and sent to Auschwitz. One year later, only twenty-five of the 130 young Jewish boys had survived. For over forty years, these « children » have gathered to celebrate May 5, the day of their liberation and the date each has taken as his official birthday. The Birthday Party documents their stories of survival, as children in Auschwitz and as adults living with memories from a lifetime ago.


L’avis d’IMAJ, par Agnès Bensimon

Dans un grand jardin, une fête se prépare : la nourriture et les boissons abondent, la musique accueille les invités, plus tard ils esquisseront quelques pas de danse. La joie semble au rendez-vous, on s’embrasse, on se sourit. Les plus anciens – ceux que l’on fête, – sont venus en famille, avec les épouses, les enfants et petits-enfants. Il fait beau bien sûr, comme toujours en Israël au printemps. Le 5 mai les rassemble ainsi chaque année. Ils sont un peu plus d’une vingtaine. Mais qui sont-ils exactement ces hommes déjà âgés qui affichent sous le regard de la caméra le visage du bonheur en se souhaitant, en hébreu, bon anniversaire et mazal tov (félicitations).
En vérité, cette date du 5 mai n’est pour aucun d’entre eux la véritable date de naissance. Ou plutôt si, car ils en ont décidé ainsi. Le 5 mai 1945, ils ont été libérés ensemble, à Auschwitz, de même qu’ils avaient été internés dans ce camp, ensemble, à l’été de 1944. La preuve ? Les chiffres tatoués dans leur chair, sur l’avant-bras, se suivent. Des enfants survivants ? A Auschwitz ? Si peu nombreux, il est vrai, que l’histoire les a oubliés. Il fallait la sensibilité de Ruth Walk pour retrouver leur trace, leur faire raconter leur parcours. En 1944, ces enfants juifs de Lituanie vivent dans le ghetto de Kovno, quand les nazis lancent une opération pour les éliminer.130 garçons sont déportés à Auschwitz, moins d’un an plus tard, 25 d’entre eux ont survécu. Grâce à une indéfectible solidarité, à une amitié prolongée au fil des ans par cette célébration de la liberté retrouvée.
La plupart d’entre eux vivent en Israël, mais la réalisatrice, Ruth Walk, s’est rendue à l’Université de Berkeley pour interviewer un professeur, dissident du groupe, qui refuse tout lien avec ses ex-codétenus, préférant oublier un passé douloureux, ne voyant pas l’utilité de raviver les souvenirs de l’horreur subie. En effet la réalisatrice recueille avec doigté des récits terribles et émouvants qui hantent les anciens enfants déportés. L’un d’entre eux, doté d’un talent artistique, donne à voir un dessin original de ce que fut pour lui la vie dans le camp de concentration. Le fait que ces enfants, devenus adultes, aient pu mener une vie normale et prospère est un hommage à leur courage et à leur intelligence. Mais on retient surtout du documentaire de Ruth Walk la force vitale de la solidarité dont ces enfants ont fait l’expérience, dans les pires conditions et à laquelle ils doivent leur salut.