STOLPERSTEIN – Stumbling stones

« Stolperstein » se traduit en français par « obstacle », « pierre d’achoppement », « pierre sur laquelle on peut trébucher ». C’est en 1993, lors d’une action artistique en souvenir de la déportation massive des Roms, que l’artiste allemand, Gunter Demnig, a eu l’idée des « Stolpersteine ». La première exposition du projet a été réalisée en 1994 dans l’église des Antoines à Cologne.
Si les données sur les personnes qui ont été assassinées sont disponibles, Gunter Demnig crée des Stolpersteine. Les pavés sont constitués de plaques en laiton qui honorent la mémoire des victimes du nazisme, les personnes déportées, puis assassinées dans les camps de concentration ou dans les camps de la mort.
Il les encastre dans le sol des rues publiques devant les maisons des déportés. Sur chaque plaque est marqué « ici habitait» avec en dessous le nom, la date de naissance et le destin individuel de chacun.
Les pavés sont financés par des dons, des témoins du passé, des classes d’écoles, des membres d’associations professionnelles et des communes et surtout par des familles.


L’avis d’IMAJ, par Béatrice Godlewicz

Pourquoi Gunter Demnig, sculpteur allemand, s’est-il mis, un beau jour, à créer un pavé avec le nom de déportés, leur donnant ainsi en plein coeur de la ville une sépulture ? Et pourquoi cette idée gagne-t-elle les esprits en Europe avec 20000 pavés placés à même le trottoir malgré l’opposition de certaines institutions juives ?
La réalisatrice, Dörte Franke, semble s’être spécialisée dans des reportages d’actualité sur des sujets délicats et méconnus. Elle entrouvre, ici, une fenêtre sur les motivations du sculpteur et sur les réactions des habitants qui découvrent le pavé devant leur maison.
Pour tous ceux qui sont curieux de comprendre les nouvelles formes que prend la Mémoire de la Shoah au sein des familles et l’impact du nazisme sur la génération des Allemands née après la guerre.