L’ENCLOS

En 1944, dans un camp nazi, celui de Tatenberg, deux détenus, l’un résistant allemand, l’autre juif français, doivent s’affronter dans un enclos sur ordre de deux dirigeants SS qui ont parié sur eux. Celui qui tuera l’autre aura, leur assure-t-on, la vie sauve. Cet épisode, qui constitue l’argument central du film d’Armand Gatti, permet d’entrevoir vingt-quatre heures de la vie d’un camp.


L’avis d’IMAJ, par Adolphe Nysenholc

Pour symboliser la cruauté et la perversité nazie, Gatti crée une situation géniale. Deux prisonniers d’un camp de concentration, – un Allemand opposant au régime et un Juif, – sont jetés dans un enclos. Les SS les poussent à se battre à mort, avec la promesse de la vie sauve au vainqueur. La séquence nocturne où ils sont censés s’entredéchirer est un grand moment de cinéma. Au lieu de se haïr, ils finissent par fraterniser. Les deux acteurs incarnent leur face à face avec une grande authenticité. Mais ce qui se passe entre les SS pour amener la situation et ce qui se trame au sein du réseau de résistance interne au camp pour délivrer leur camarade n’atteint pas la perfection visuelle du duel ni des fameux plans de l’ouverture, dans la carrière, de facture quasi eisensteinienne. Ce long métrage demeure un des rares films sur les camps vu de l’intérieur. Une œuvre mythique. Ad.N.

« L’Enclos, ce film, réalisé par Armand Gatti en 1960 est la première fiction française – et probablement la seule – située dans un camp nazi. Encensé par la critique à sa sortie en octobre 1961, sa diffusion restera très modeste voire confidentielle jusqu’à nos jours. Un ensemble d’éléments conjoncturels et psychologiques ont sans doute posé une chape sur cette œuvre profondément humaniste, fortement marquée par la période qui l’a produite et qui marque en retour une étape dans la filmographie de la déportation ». Claudine Drame

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