PAROLES D’ETOILES

En France, entre 1942 et 1944, 12.000 enfants juifs ont été tués ou déportés. D’autres, les plus nombreux ont survécu. Thomas Gilou est allé à leur rencontre pour les écouter, les suivre dans leurs douloureux pèlerinages, et surtout pour recueillir des mots, des secrets et des sentiments rarement ou jamais exprimés par la plupart d’entre eux. Paroles d’étoiles fouille la mémoire de l’enfance et restitue une autre vision de la guerre et du nazisme.


L’avis d’IMAJ, par Agnès Bensimon

Thomas Gilou recueille les souvenirs, les sentiments, les secrets d’anciens enfants cachés,…en suivant la chronologie des persécutions contre les Juifs, dans la France de Vichy. Le port de l’étoile, la rafle du Vel d’Hiv, la séparation d’avec les parents, les caches, les nombreux camps d’internement, les circonstances auxquelles ils doivent la vie : sous l’effet de la caméra, la mémoire de l’enfance ressuscite et avec elle, la douleur intacte. Chaque témoignage est unique, porteur d’informations qui rendent plus précise l’image générale, d’émotions qui ouvrent à nouveau les yeux, les cœurs sur les drames vécus, subis.
Pourtant, choisir de revenir sur des lieux totalement absents de mémoire (les camps de Compiègne et de Drancy, l’asile de l’Ugif rue Lamarck à Paris, le couvent, le village où certains ont été cachés …) est un écueil auquel se heurte le réalisateur, et bien d’autres avant lui. L’écueil majeur du film de mémoire qui renvoie à l’interrogation des origines : que peut (et ne peut pas) le cinéma ?