LA RAFLE

Pendant l’été 1942, la France est sous l’occupation allemande, les Juifs sont obligés de porter l’étoile jaune.
Dans la nuit du 15 au 16 juillet, leur destin bascule à la suite d’un accord entre les nazis et les autorités françaises sur l’arrestation et la déportation des nombreux juifs, accord qui débouche sur la rafle du Vélodrome d’Hiver. Le quartier de la Butte Montmartre n’y échappera pas, en effet la famille de Joseph Weissmann, un enfant juif d’une dizaine d’années, et leurs voisins sont arrêtés après avoir tenté par plusieurs moyens d’y échapper. Le père de Joseph aurait pu échapper à cette arrestation si Joseph ne l’avait pas malencontreusement dénoncé alors que sa mère s’était prétendue veuve auprès de miliciens.
À la suite de cette rafle, ils sont amenés dans le vélodrome d’Hiver, où Joseph et Noé, le petit frère de son meilleur ami, rencontrent une infirmière, Annette Monod, qui fera tout son possible pour les aider eux et les autres enfants juifs.
Au bout de deux jours, les raflés sont déportés dans un camp de transit, à Beaune-la-Rolande, dans le Loiret, où les conditions de vie sont insupportables : nourriture mauvaise et en maigre quantité, maladies, sans parler du désespoir psychologique des déportés. Affamés et affaiblis, les Juifs affrontent la faim et la soif. Quelques jours plus tard, les parents et les plus âgés de leurs enfants sont déportés dans un camp d’extermination, à Auschwitz, seuls les plus jeunes doivent rester en espérant leur retour qui n’aura pas lieu. Ces enfants ont été arrachés des bras de leur mère et Annette redouble d’efforts malgré la fatigue pour s’occuper d’eux.
Suite aux dernières paroles de sa mère lui disant de s’enfuir, Joseph et un de ses camarades s’enfuient avec la complicité des autres. Joseph ne peut pas emmener avec lui son meilleur ami parce qu’il est malade, il a une vilaine hernie qui l’empêche de marcher. Finalement Joseph survivra grâce à son évasion ainsi que Noé qui s’est échappé du train et qui a été recueilli par un couple de personnes âgées. En 1945, à la fin de la guerre, ils retrouvent tous deux Annette au Lutetia, un hôtel parisien où sont accueillis les rescapés des camps….


L’avis d’IMAJ, par Agnès Bensimon

Joseph Weismann est un gamin de Montmartre. Il a 11 ans et porte l’étoile jaune quand il est embarqué avec les siens par la police française lors des rafles des 15 et 16 juillet 1942 à Paris. Sa famille partage le sort des quelque 13.152 Juifs parqués au Vélodrome d’Hiver, avant d’être déplacés au camp de Beaune-la-Rolande, jusqu’à leur déportation à Auschwitz. Joseph réussit à s’évader du camp de transit. Il est l’un des 25 survivants de la rafle du Vel’d’Hiv.
La réalisatrice, Rose Bosch, retrace, à travers l’histoire véridique de Joseph Weismann, l’une des pages les plus sombres de l’Occupation et du gouvernement du Maréchal Pétain, la rafle du Vel d’Hiv ayant été orchestrée par l’administration française pour devancer les attentes des Allemands en matière de déportation des populations juives en France. Le film suit le parcours vers la mort des victimes à la fois sur la scène des promoteurs de l’opération (discussions entre Pétain et Laval, la police française et la Gestapo, Hitler jouant les papa-gâteaux du haut de son nid d’aigle…) et des personnages par les yeux desquels la rafle est vécue (la famille Weismann, le docteur Sheinbaum et l’infirmière Annette Monod qui se dévouent corps et âmes au Vel d’Hiv comme à Beaune-la-Rolande). Le film multiplie les détails vrais comme autant de gages à la véracité de la mise en scène ainsi que les effets pour susciter l’empathie : plans d’ensemble surplombant le Vel d’Hiv surpeuplé, mouvements de caméra embarquée dans les nombreuses séquences de terreur et de bousculade.
« La rafle » est une ambitieuse fiction qui privilégie le spectaculaire et le pathos dans un souci pédagogique et moral honnête. Reste à savoir si ce choix délibéré permet réellement le partage par le spectateur contemporain des atrocités subies par les victimes d’alors.