FROM AUSCHWITZ TO JERUSALEM – D’Auschwitz à Jérusalem

Entre janvier 1945 et le 14 mai 1948, plus de 80.000 rescapés de la Shoah vont tenter de rejoindre clandestinement la Palestine. À la même époque, s’ouvrent en Belgique des centres d’accueil pour tous ceux qui sont en attente du grand voyage. À Marquain, près de Tournai, un home héberge, dès décembre 1945, des dizaines d’enfants juifs qui ont été cachés pendant la guerre. Beaucoup sont orphelins. Tous ont été baptisés pour échapper au génocide. Après avoir retrouvé le judaïsme, ils quittent notre pays dans le plus grand secret. Certains transiteront par Anvers, d’autres passeront illégalement la frontière française avant de se retrouver dans un camp de la Ciotat, près de Marseille, où des bateaux spécialement affrétés pour eux leur feront traverser la Méditerranée. Ils devront alors forcer le blocus britannique avant d’arriver à bon port. Beaucoup seront fait prisonniers par les Anglais et internés dans le camp palestinien d’Atlit ou déportés dans d’autres camps, à Chypre.
Entre 1945 et 1948, soixante-cinq bateaux vont faire cette traversée à haut risque. Ce document est une leçon de vie donnée par des jeunes qui ont voulu retrouver leurs racines après la tourmente de la guerre.


L’avis d’IMAJ, par Ménia Goldstein

Au travers d’entretiens émouvants réalisés en Israël et Belgique et d’images d’archives, le film raconte d’une manière très vivante le long trajet psychologique et physique que ces jeunes survivants, souvent convertis au christianisme, ont traversé en quête d’une identité juive et d’une vie nouvelle.
Michel Mees, cinéaste belge spécialisé en documentaires historiques (il a réalisé entre autres un film sur Siegi Hirsch, artisan des relations humaines en 2005 et récemment, 1914-1918: la Belgique au tournant de son histoire), a réussi à rendre de manière très vivante et profonde l’aventure humaine de jeunes Juifs cachés pendant l’occupation, qui se sont retrouvés à la fin de la guerre dans les centres d’accueil ouverts sous l’impulsion de l’Agence Juive.

A l’exemple d’un de ces centres établi à la fin de 1945 dans un ancien couvent à Marquain, près de Tournai, le film nous montre le processus délicat de récupération des enfants juifs souvent convertis à la religion catholique pendant la guerre.Il s’agissait de réintégrer au judaïsme ces jeunes traumatisés par la perte des parents et leur fausse identité.
A cet effet des émissaires de l’Agence Juive, des membres de la Brigade Juive et des moniteurs locaux se sont employés à procurer aux enfants des cours d’hébreu et de culture juive, ainsi qu’un enseignement technique et agricole comme préparation à leur émigration en Palestine.

La dernière partie du documentaire est consacrée au passage clandestin, et extrêmement périlleux, de milliers de jeunes et de rescapés des camps vers la « Terre promise ».
Il y est question en particulier du périple du bateau « Le Soldat Hébreu » parti d’Anvers en juillet 1946, sous l’impulsion de Fela et Haïm Perelman, avec 600 personnes au lieu des 60 normalement prévues, et qui a été un des derniers bateaux à pouvoir débarquer ses passagers à Haïfa, avant le blocus britannique.
Un autre chemin menait par un grand camp de formation installé à La Ciotat, pour de nombreux jeunes Juifs qui s’embarquaient par la suite à Marseille en direction de la Palestine. Ces groupes ont cependant été arrêtés par l’armée britannique et n’ont pu commencer leur vie d’hommes libres dans le nouvel Etat d’Israël qu’après une détention à Chypre et à Atlit.
Un documentaire important, fondé sur une recherche in situ (deux séjours des réalisateurs en Israël dans les années ’90), pour mieux comprendre l’univers des enfants cachés et leur passage de la catastrophe (Auschwitz) au renouveau (Jérusalem).

Disponibilité du film

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