JUSQU’AU DERNIER – LA DESTRUCTION DES JUIFS D’EUROPE

70 ans après la libération du camp d’Auschwitz, cette série en 8 volets explore l’histoire de la Shoah, de la montée du nazisme à la « Solution finale » jusqu’à la découverte des camps et ses conséquences dans le monde d’après-guerre. À travers l’intervention d’une cinquantaine d’historiens de premier plan, elle présente les avancées de la recherche historique tout en restant accessible au plus grand nombre.
Dans une perspective internationale, cette série donne aussi la parole à de grands témoins en s’appuyant sur des images d’archives et des images tournées aujourd’hui sur les lieux emblématiques de la Shoah.

William Karel et Blanche Finger proposent ici une vision d’ensemble de la Shoah, s’intéressant aux victimes, aux bourreaux et à leurs complices, mais aussi aux sociétés dans lesquelles ce crime sans précédent a pu être commis.


L’avis d’IMAJ, par Agnès Bensimon

Cette série documentaire exceptionnelle, conçue et réalisée par William KAREL et Blanche FINGER, raconte en 8 épisodes l’entreprise d’anéantissement des Juifs d’Europe, de la montée du nazisme à la « Solution finale » jusqu’à la découverte des camps de la mort et ses conséquences dans le monde d’après-guerre. Une enquête monumentale et irrécusable pour comprendre comment la Shoah fut rendue possible, pourquoi les hommes entreprirent d’exterminer les Juifs jusqu’au dernier (ils y parvinrent pour deux-tiers) sans véritable opposition. Une œuvre indispensable qui aborde ce pan douloureux de l’Histoire dans sa globalité

Pour cela, Blanche Finger et William Karel, assistés d’une cohorte de documentalistes, se sont attaqués à une masse colossale d’archives : plus de 6000 photographies, plus de 400 heures d’images d’archives, des montagnes d’écrits, de livres d’experts et de témoignages. Ils ont sollicité l’intervention d’une cinquantaine d’historiens, britanniques, français, américains, israéliens, allemands, autrichiens, suisses, polonais …, soucieux qu’ils étaient de développer une démonstration implacable, rigoureuse, afin de reconstituer le puzzle pièce par pièce, étape par étape.
En effet, dans l’imaginaire collectif, la machine de destruction nazie s’est mise en place d’un seul coup pour agir de façon globale et systématique. Or la réalité est tout autre et s’est constituée par des glissements progressifs dans l’horreur, de la haine qui s’immisce à la terreur qui s’installe. En 1940, la seule politique est celle de la déportation. Quelques mois plus tard, sur le front est, on assassine méthodiquement. L’exécution d’enfants marque une étape décisive : celle de la pulsion génocidaire directe.
L’invention des abominables techniques de destruction de masse résulte également de tâtonnements successifs : camions à gaz, cabanes à gaz, visant à tuer plus de personnes que par balles. Puis l’ouverture des sites de mise à mort à grande échelle.
Leur somme historique, William Karel et Blanche Finger l’ont conçue avant tout pour les jeunes. Elle présente les avancées de la recherche historique tout en restant accessible au plus grand nombre. Dans une perspective internationale, cette série donne aussi la parole à de grands témoins en s’appuyant sur des images d’archives et des images tournées aujourd’hui sur les lieux emblématiques de la Shoah. Elle en propose une vision d’ensemble, s’intéressant aux victimes, aux bourreaux et à leurs complices, mais aussi aux sociétés dans lesquelles ce crime sans précédent a pu être commis.

La série s’intéresse enfin aux conséquences de cette destruction des Juifs d’Europe depuis 70 ans, à travers le monde.
« Jusqu’au dernier. La destruction des Juifs d’Europe » est un support indispensable pour les enseignants.

Résumé des 8 épisodes :
épisode 1 – La fin des illusions
Le premier épisode démarre en 1933. Hitler vient d’être nommé chancelier de la République d’Allemagne, pays miné par la crise économique. Il s’appuie sur le culte de la personnalité édifié par la propagande de Joseph Goebbels qui diffuse les idées nazies, xénophobes et antisémites. Les Juifs, affirme-t-il, font partie d’une conspiration internationale contre l’Allemagne. Il va utiliser la puissance de l’Etat allemand, devenu le IIIe Reich en 1934, pour exclure progressivement les 600 000 citoyens allemands de confession juive de la société, pour les forcer à émigrer.

épisode 2- Le piège
En 1938, le IIIe Reich qui vient d’annexer l’Autriche, mène une politique d’expulsion systématique des Juifs étrangers résidant sur son territoire. Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, les synagogues sont systématiquement incendiées, les magasins juifs pillés, saccagés, près de 30 000 Juifs ont été arrêtés et conduits en camps de concentration, libérés peu après à la condition d’émigrer. C’est la « nuit de cristal ». Alors que l’Allemagne, sortie de la crise économique par le développement à outrance de l’industrie d’armement, s’apprête à entrer en guerre.

épisode 3 – Au cœur de la nuit
Le 21 juin 1941, les armées allemandes entrent sur le territoire soviétique, depuis les pays baltes jusqu’à l’Ukraine. Les pogroms se multiplient. Et les commandos mobiles de tueries (les Einsatzgruppen) qui avaient en 1939 éliminé l’élite polonaise, sont chargés de traquer les Juifs et les communistes à l’arrière de la Wehrmacht. Ils quadrillent les territoires qui tombent sous la botte des nazis et fusillent les hommes juifs entre 16 et 40 ans. Ils bénéficient du soutien de l’armée, de l’administration militaire et de l’administration civile dans les zones occupées.

épisode 4 – La mort en face
A la fin de 1941, les nazis commencent à utiliser des camions à gaz, comme ceux qu’ils avaient utilisés dans le cadre du programme T4 pour éliminer les malades mentaux, considérés comme une menace contre « la race aryenne ». Le programme avait été arrêté en août 1941, suite aux plaintes de l’Eglise catholique, mais le personnel est transféré sur le front de l’Est et notamment à Lublin, sous le commandement d’Odilo Globocnik, le chef supérieur des SS et de la police du district. Il a pour mission d’exterminer les deux millions de Juifs du gouvernement général de Pologne, qui sera plus tard rebaptisée « Aktion Reinhardt ». C’est un tournant dans la Shoah. Désormais et grâce aux chemins de fer, ce sont les victimes qui sont mobiles et les centres d’assassinat qui sont immobilisés.

épisode 5 – La solution finale
Le 17 mai 1942, Reinhard Heydrich le chef des services de sécurité du Reich et organisateur de la Solution Finale est mortellement blessé dans un attentat à Prague. Pour Hitler et Himmler, il faut accélérer et radicaliser le processus d’anéantissement. Le 16 juillet 1942, à Paris, 12 884 Juifs étrangers et français sont arrêtés et conduits au Vélodrome d’Hiver. Suite à un accord passé avec les Allemands, ce sont les policiers français qui procèdent aux rafles. La propagande officielle continue d’affirmer qu’il s’agit de contribuer à la création de colonies agricoles à l’Est. Mais les rumeurs circulent et les gens commencent à cacher des enfants pour les soustraire aux déportations qui se poursuivront jusqu’en novembre 1944. Au total, 40% des Juifs étrangers en France et 24000 Juifs français, ont été déportés. Goebbels poursuit son oeuvre de propagande.

épisode 6 – Les disparus
Lorsque l’Armée rouge arrive à Auschwitz, Treblinka et Majdanek, les camps ont cessé de fonctionner et sont quasiment vides, seuls les déportés trop faibles pour avoir été « évacués » sont encore là. Les déportés d’Auschwitz sont répartis entre les camps de Bergen Belsen, Mauthausen et Buchenwald. Pour certains dignitaires nazis comme Himmler le salut passe par la négociation d’une capitulation mais la tentative tourne court. Hitler puis Goebbels se suicident alors que l’Armée rouge entre dans Berlin. Le 8 mai, c’est la capitulation sans condition et la fin du IIIe Reich. Himmler est capturé à la fin du mois de mai par les Anglais et se suicide lui aussi. Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les alliés commencent à organiser le retour des prisonniers de guerre et des déportés. Ils sont moins d’un millier à avoir survécu aux camps d’extermination de Chelmo, Treblinka, Belzec, Sobibor sur 1 million 850 000 déportés. Ceux qui reviennent ont le sentiment d’être les derniers Juifs. Hitler, en 6 ans de guerre et 12 ans de pouvoir, avait détruit les deux tiers des Juifs d’Europe.

épisode 7 – Autopsie d’un meurtre
Le 20 novembre 1945, le procès des hauts responsables du IIIe Reich, dont Göring, s’ouvre à Nuremberg, la ville où avait été rendues publiques les lois anti-juives de 1935. Un an plus tard, le tribunal militaire international condamne à mort 12 des accusés et sept à des peines de prison. Tout au long des auditions, il n’a été que très peu question de la Shoah, quelques témoins juifs ont été appelés à témoigner et seul Hans Frank, le gouverneur général de Pologne, reconnaît les persécutions dont les Juifs ont été victimes. Mais pour la France, l’Angleterre et l’Allemagne d’après-guerre, il n’est pas souhaitable d’organiser d’autre procès.

épisode 8 – La diaspora des cendres
Les rescapés des camps qui arrivent en Israël sont murés dans le silence d’une société qui ne les reconnaît pas. Des écrivains et historiens plongent dans leurs souvenirs pour rendre compte de l’arrivée des survivants, de leur difficile insertion dans la société israélienne jusqu’au procès d’Adolf Eichmann en 1961. L’ancien spécialiste du régime nazi en matière d’émigration des Juifs, le coordinateur de leur extermination, est repéré en Argentine où il a fui après la seconde guerre mondiale. Il y sera capturé par le Mossad et ensuite ramené en Israël pour y être jugé. La philosophe Anna Arendt venue couvrir le procès pour le New Yorker, assiste à une semaine d’audience alors que le procès dure un an. Face à la cage de verre qui sert de box d’accusé, les déportés sont appelés à la barre pour témoigner longuement. Pour la première fois, ils peuvent parler de ce qui leur était arrivé. Pour la première fois, ils sont écoutés. Simon Wiesenthal et les époux Klarsfeld s’engagent dans la recherche des criminels nazis pour qu’ils soient traduits en justice.

Trailer / Extrait


« Jusqu’au dernier. La destruction des Juifs d… par fondationshoah