DIE WELLE – La Vague

En Allemagne aujourd’hui, dans le cadre d’un atelier, un professeur de lycée propose à ses élèves une expérience visant à leur expliquer le fonctionnement d’un régime totalitaire. Commence alors un jeu de rôle grandeur nature, dont les conséquences vont s’avérer tragiques.


L’avis d’IMAJ, par Jack P. Mener

Film de fiction allemand à gros budget de 2008, partiellement inspiré d’une expérience réalisée en 1967 par un professeur d’histoire dans un lycée de Californie avec ses élèves de terminale pour leur enseigner les dangers d’un régime autocratique et les y plonger pendant une semaine, sorte de jeu de rôle qu’ils avaient intitulé « La Troisième vague ».
Quatrième long métrage édifiant bien qu’assez maladroit de Dennis Gansel, pourtant plutôt bien accueilli à sa sortie par une grosse partie de la presse française et le public, le scénario qu’il conçut avec Peter Thorwarth se basait lui sur le livre qu’en a tiré Todd Strasser en 1981 sous le pseudonyme de Morton Rhue. Ce roman s’appuyait lui-même sur la narration de cette audacieuse expérience pédagogique californienne sous la forme d’un téléfilm américain tourné par Alexander Grasshoff en 1981 déjà intitulé « The Wave » et primé d’un Peabody Award en 1981 et d’un Emmy Award en 1982. Le film dont question ici qu’en a tiré Dennis Gansel, a lui aussi été plusieurs fois primé dont le Prix du Film Allemand. Vu le succès, d’autres adaptations théâtrales et mêmes musicales ont suivi.

L’intérêt de l’expérience californienne racontée dans « La Vague » réside dans son originalité, son audace même, pour inculquer à des adolescents les notions fondamentales de la démocratie. Désireux de se démarquer de ses collègues, le professeur de gym de cette classe allemande, propose à ses élèves un atelier sur « L’Autocratie » où sous sa direction, ils vont, le temps d’une semaine, réinventer dans leur microcosme les structures d’un régime dictatorial pour en comprendre les mécanismes qui menacent la démocratie.
Chaque élève, en fonction de son caractère, ses goûts ou ses talents, aura un rôle à jouer dans une structure où l’esprit de corps sera la règle et où chacun aura son mot à dire sous l’arbitrage énergique de leur professeur. Emballés, ils vont se créer des règles de comportement, un salut de reconnaissance, un uniforme, un logo graphique et s’assigner des missions qui vont déborder sur la vie de l’école et même dans toute la ville sans que leur professeur ne réussisse à les contenir. Un match de water-polo contre l’équipe d’une autre classe émoustillera leur esprit de compétition mais conduira aussi à des dérives de violence au bord de la tragédie dont le professeur subira les conséquences. Au bout de la semaine de turbulence, la leçon aura été rude mais suffisamment bien comprise pour ancrer dans ces jeunes esprits l’importance des principes de la démocratie dans une Allemagne encore fragilisée par la montée des extrémismes.

Le réalisateur et son scénariste ne jouent pas toujours dans la finesse et leur recours insistant aux modes, aux gadgets électroniques et à la musique rock de la jeunesse comme aux scènes de flirt sont parfois lourdingues et desservis par une interprétation des jeunes acteurs plus qu’approximative. Ce qui, en fin de compte, peut constituer un bon atout pour aiguiser le sens critique des adolescents à qui ce film démonstratif servira d’outil pédagogique en vue d’analyser les lignes de force et la fragilité de la démocratie.

Trailer / Extrait

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