JE REVIENDRAI

Le 13 mai 1941, âgé de 28 ans, Zysman Wenig d’origine Polonaise, est arrêté à Paris par la police française parce que Juif. Le 25 juin 1942, il est déporté à Auschwitz par le convoi N°4.
70 ans après, il raconte comment il a réussi à survivre à 4 années d’internement, dont 3 ans dans les camps de concentration et d’extermination nazis (Pithiviers ; Auschwitz ; Mauthausen ; Ebensee).
Ce documentaire, en retraçant le trajet de déportation d’un survivant, est un film qui s’attache aux conditions d’une survie et au regard d’un homme de 100 ans qui revient sur son destin et celui de sa famille conduit à vivre l’une des plus grandes tragédies de l’humanité.

Toutes les histoires de survie autour de la Shoah, de personnes qui déportées, qui résistantes, qui ayant été cachées ou ayant fui, s’avèrent singulières et exceptionnelles. Et celle de Zysman Wenig entre dans ce panthéon de vies piétinées dont certains ont réussi à se relever, comme lui.


L’avis d’IMAJ, par Béatrice Godlewicz

Ce documentaire sur Zysman Wenig, un homme comme les autres en apparence, démontre l’incroyable résistance que l’être humain peut avoir aux pires moments de son existence. Toutes les histoires de survie autour de la Shoah, de personnes qui déportées, qui résistantes, qui ayant été cachées ou ayant fui, s’avèrent singulières et exceptionnelles. Et celle de Zysman Wenig rentre dans ce panthéon de vies piétinées dont certains ont réussi à se relever, comme lui, et ce malgré une enfance misérable, privée de l’essentiel puis contraints à l’immigration dans un pays dont il faut tout apprendre, la Shoah, l’après-Shoah. Pourtant Zysman Wenig ne cesse de répéter : « J’ai eu de la chance ».
Son fils aîné Jacques, lui-même enfant caché avec son très jeune frère, a découvert des lettres écrites principalement en yiddish entre son père et sa mère lorsque celui-ci était détenu dans le camp de Pithiviers. Ces lettres révèlent l’amour inconditionnel d’un homme pour sa femme mais aussi les privations, la peur, l’inquiétude du futur.
Grâce à ce documentaire, on chemine avec un homme venu en France pour fuir la pauvreté et l’antisémitisme. Sa confiance dans la France l’aveugle et il s’inscrit naïvement lorsque la police de Vichy convoque les plus faibles d’entre les Juifs, ceux qui n’ont pas la nationalité française. Pris dans le camp de Pithiviers, il sera déporté ensuite à Auschwitz–Birkenau. Par un pressentiment extraordinaire, il se met dans la file qui le sauve des chambres à gaz. Plus tard, épuisé de porter des pierres dans un froid sans nom, il arrive à intégrer une équipe de menuiserie. Zysman est certes un homme qui a eu de la chance, mais on découvre aussi un homme qui même avec la faim au ventre partage les maigres trouvailles ou vols de pommes de terre et de racines. Dans ce documentaire on découvre aussi toute l’infrastructure d’Auschwitz 1. Les déportés étaient les esclaves du troisième Reich. A Auschwitz 1, il y avait des ateliers qui devaient permettre aux soldats et aux civils allemands de vivre mieux et de renforcer les armes de guerre grâce à une main d’œuvre gratuite.
Auschwitz où il est resté durant près de trois ans, n’était pas la dernière étape dans l’horreur et la mise à mort des détenus. Lorsque l’annonce est faite que les soviétiques avancent, les SS prennent en otage les déportés dans ce qui a été dénommé ensuite « la marche de la mort ». Huit jours durant, dans le froid et la neige les déportés marchent vers Mauthausen en Autriche. Zysman y reste en quarantaine, quelques semaines, avant d’être affecté à Ebensee, une des pires annexes de ce camp de Mauthausen où la cruauté des commandants Nazis dépassa toutes les limites imaginables.
Ce documentaire est un excellent moyen de suivre l’histoire de la déportation des Juifs et notamment de ceux qui n’étaient pas français, parmi les premiers à avoir été pris dans une rafle. L’histoire de Zysman Wenig permet de suivre cette déportation du début jusqu’à la Libération et de prendre conscience des conséquences de ce génocide sur les individus et leurs familles dans l’après-guerre. Les enfants que l’on retrouve après la guerre ne reconnaissent pas leurs parents, ne s’en souviennent parfois plus, l’attachement à d’autres personnes qui les ont cachés ne permet plus aux liens de se renouer. Khayé, tant aimée de Zysman met fin à ses jours en utilisant l’arme qui a décimé sa famille, le gaz, ne supportant plus le deuil des disparus et les difficultés d’une reconstruction familiale..

Trailer / Extrait