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Lien entre les absents et les vivants, le journal intime d’Anne Frank donne le ton d’une après-midi consacrée à la mémoire, à l’oubli et à la transmission, autour de différents supports qui rouvrent une porte sur notre passé.
Transmettre quelque chose d’Anne Frank, c’est peut-être savoir lire au-delà de la guerre, la force de sa pensée et sa volonté de dire, d’écrire. Tellement humaine dans la barbarie, Anne Frank livre ses pensées secrètes à son journal intime et nous transmet, à travers le temps, ces pages qui disent le tout de ses contradictions, de son rapport au monde et des menaces, quand d’autres se taisent.
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Elle écrit ce sentiment d’impuissance qui le dispute au désir d’exister, le surgissement de la violence ou le repli sur soi comme remède, enfin le sentiment aigu d’une course contre la montre.
Ces lettres, choisies et communiquées par des lycéens, au gré de leur intérêt personnel, dans le film projeté en ouverture, intitulé « L’école Anne Frank », de Marian Handwerker, réalisé avec écoles de la région bruxelloise, nous invitent à comprendre la jeunesse contemporaine en lien avec le passé.
Sortis à moins d’un an d’intervalle, le rapport CEGES, « La Belgique docile » et le film « Modus Operandi » de Lanneau et Perelsztejn, nous renvoient à cette amnésie sélective, qui n’a retenu de la Seconde Guerre mondiale en Belgique que ses origines et ses conséquences tragiques, sans qu’il ait été possible jusqu’alors d’en analyser les mécanismes.
Mise en scène dans ce documentaire avec une chronologie qui parle d’elle-même, l’analyse du processus donne désormais des clés indispensables pour comprendre les conditions de possibilité de cette catastrophe humaine, et son ampleur.
Les historiens, auteurs de ce Rapport du CEGES, expliqueront comment et pourquoi la recherche historique a pu, soixante ans après les faits, fournir ce document de mille pages – quasi unique en son genre - à la demande du Sénat. Ils diront aussi ses conséquences sur la question de la mémoire dans notre pays, et les limites de ce travail.
En fait, les conséquences tragiques de la dernière guerre en Belgique ont généré un oubli, provoqué un trou dans la mémoire, exactement comme après un traumatisme. Rendre compte de cet oubli et d’une occultation, permet de mieux apprécier encore le travail effectué par les auteurs et réalisateurs présents.
Parmi ceux-ci, Adolphe Nysenholc, auteur de "Bubelè, l'enfant à l'ombre" (Editions L'Harmattan, 2007 - finaliste du Prix Rossel 2007), le récit autobiographique de son enfance cachée publié un an après "Mère de guerre" aux éditions Lansman.
Nous vous invitons à venir prendre connaissance de ces moments forts autour de la transmission, où chacun - public, invités, lycéens et enseignants - prendra le temps de se confronter, à notre histoire, personnelle et collective.
Sylvie Lausberg.
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Durant les représentations du spectacle :
« Quelque chose d'Anne Frank».
Samedi 11 et dimanche 12 octobre 2008 |
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Autour d’Anne Frank
Samedi 11 octobre
Présentation et animation des débats : Sylvie Lausberg, historienne et psychanalyste
- 20h15 : Représentation de « Quelque chose d’Anne Frank » par Françoise Berlanger et Richard Kalisz
Dimanche 12 octobre
- 15h (Grande Salle) : "La leçon de David", un film de Marian Handwerker - court-métrage de 20 minutes
- 16h (Atelier) : Représentation de « Quelque chose d’Anne Frank »
Production : Théâtre Jacques Gueux en collaboration avec le Théâtre de la Place des Martyrs.
Avec le soutien de IMAJ, de Démocratie et Barbarie, et l’aide de la Communauté française de Belgique. |
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