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Belzec de Moscovitz et 2 ou 3 choses que je sais de lui de Ludin

Belzec de Guillaume Moscovitz, polonais st français 100’ 2005
Un arbre à Belzec par Raphaël Toledano (extrait de L’Arche n° 571, novembre 2005)

Douloureux et singulier est le premier long-métrage de Guillaume Moscovitz. Présenté en clôture de la semaine de la critique à la Mostra de Venise 2005, ce film dresse, au travers de seuls témoignages, le portrait d’un camp d’extermination duquel il n’y eut aucun survivant ou presque.

Car Belzec, c’est le nom d’un des trois camps de l’Aktion Reinhard qui ne devaient servir qu’à la seule fin de tuer. Tuer en masse. Il y eut Belzec, le premier, sorte de camp expérimental. Suivirent Treblinka (750 000 morts) et Sobibor (250 000 morts); des révoltes menées par des déportés troublèrent l’entreprise nazie en ces lieux .Le nom de Belzec reste peu évocateur. Et pourtant, il fut, en termes de « rendement » meurtrier, le plus terrible de tous les camps : au moins 600 000 morts en quelques mois, pour une poignée de survivants - dont seuls deux ont témoigné. Cette pénurie de revenants explique probablement la méconnaissance du public à l’endroit de ce camp. (…)

Ce jeune réalisateur, issu d’une famille meurtrie par la Shoah (ses arrière-grands-parents sont morts à Auschwitz), s’est saisi de la « sidération » qui l’a happé lors d’un voyage à Belzec pour construire un film d’une heure quarante monté avec une intelligence patente. Cinq années de travail et près de soixante heures de rushs auront été nécessaires à l’entreprise cinématographique, que des difficultés de financement n’auront pas empêché d’aboutir (2). Initié dans sa quête par le Père Desbois et soutenu par Claude Lanzmann, Guillaume Moscovitz explore de sa caméra les paysages verdoyants de Belzec, et va à la rencontre des Polonais, vieux et jeunes, spectateurs du drame et génération d’après - archéologue, boulanger, cheminot et peintre de l’horreur. Le style est lanzmannien, à l’évidence : il se lit dans les questions précises et les obsessions, les silences et l’écoute, cette manière de filmer les lieux du drame, la re-mise en scène des sujets.(…)
Chaque scène du film pourrait faire à elle seule l’objet d’une discussion, tant l’œuvre est riche et dense.(…)L’arbre planté par Guillaume Moscovitz, et dont chaque morceau d’écorce est fait du tissage de témoignages, de documents et des plans filmés du camp, est probablement le plus bel hommage rendu aux victimes de Belzec. Ce film est une grande œuvre écrite au présent, magnifique et nécessaire. À voir, à revoir et à débattre.
Shoah, de Claude Lanzmann, pp. 96-98, Gallimard, Coll. Folio. 2. cf. « Pour qu’on puisse voir Belzec », Michel Butel, in Libération, 23 juillet 2002.


Deux ou trois choses que je sais de lui
de Malte Ludin 
90’ allemand st français 2003

Quel rôle Hanns Ludin, nazi convaincu, a-t-il joué dans la mise en oeuvre de la solution finale ? Soixante ans après, son fils, Malte Ludin, revient sur une histoire familiale qui ne passe pas.
Hanns Ludin, militaire sous la République de Weimar, commence à faire parler de lui en conspirant en faveur de Hitler. Après 1933, il monte rapidement en grade et devient Obergruppenführer dans la SS, l'équivalent de général d'armée. Il est décoré de l'Ordre du sang (Blutorden) et reçoit de nombreux insignes honorifiques de l'État nazi.

En 1941, Hitler l'envoie en Slovaquie, placée sous "protectorat", en qualité de ministre plénipotentiaire. Il est notamment chargé d'y mettre en oeuvre la solution finale. Après la guerre, les Américains livrent Hanns Ludin à la Tchécoslovaquie
En 1947, il est jugé comme criminel de guerre, condamné à mort et exécuté.
 Partant de ces faits, Malte Ludin explore les légendes qui circulent dans sa famille sur ce nazi qui est aussi son père et tente de démêler le vrai du faux. Hanns Ludin était-il aussi coupable que la justice l'a prétendu ou avait-il obéi à des ordres dont il ignorait la finalité, comme l'affirment certains des siens ?

 Le documentaire montre à la fois une quête sincère de la vérité et la difficulté de vivre avec. Sa diffusion en salles a donné lieu à de nombreux débats prouvant, si besoin en était, que le passé récent de l'Allemagne est loin d'être digéré. (Source : arte.fr)

 

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