La dernière étape est le premier film mettant en scène la vie dans le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz - Birkenau. Il remporta un succès international, fut présenté dans au moins quarante-cinq pays et gagna divers prix dans de nombreux festivals. Grâce au cinéma et pour la première fois, un très large public fut confronté à l'univers concentrationnaire sous la forme d'une représentation mentale, sollicitant autrement l'imaginaire que les documents d'actualités tournés par l'armée américaine lors de la libération des camps. Le film fut ensuite la référence incontournable pour de nombreux réalisateurs, comme Resnais, Stevens, Pontecorvo, Spielberg, qui ont emprunté à La dernière étape les séquences illustrant la vie du camp d'Auschwitz pour leur propre film.
La réalisatrice, Wanda Jakubowska, a tourné La dernière étape, en 1947, dans l'ex -camp des femmes où elle avait été internée. Le scénario a été écrit en collaboration avec Gerda Schneider, une Allemande, elle aussi rescapée. Les actrices sont Polonaises, Russes, Allemandes, Françaises et s'expriment dans leur langue. Egalement "anciennes déportées", elles ont accepté de se prêter à la reconstitution du terrible calvaire qu'elles venaient de vivre. D'un intérêt particulier pour la Belgique, l'histoire de l'héroïne anversoise Mala Zimetbaum, y est racontée en détail.
Il faut cependant souligner que la production de La dernière étape, par Film Polski, reflète sans l'ombre d'un doute l'idéologie communiste ascendante. L'objectif final était de façonner, à travers cette fiction, le mythe d'une nouvelle Pologne à venir. Mais La dernière étape reste, à bien des égards, un document historique à revoir ou à découvrir. En particulier comme première tentative de représentation de l'irreprésentable à l'écran.
Film restauré par le Service des Archives du Film et du dépôt Légal du Centre National de la Cinématographie, dans le cadre du plan de Sauvegarde des Films Anciens du Ministère de la Culture.
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