COMMUNAUTE JUIVE DE BELGIQUE
Mémoires de la guerre
Portraits
Familles et générations
Religion
Communauté et Belgique
Mémoires de la guerre
NOUS/AUTRES
NEDJMA HADJ, GIOVANNI CIONI
2003, 72 ', VO fr, 35 mm
Production:IOTA PRODUCTION
Helga et Yann sont amis depuis longtemps. Ils ont connu la persécution, la disparition de leurs proches, la misère, l'exil. Ils ont construit une nouvelle vie. Un vie avec des hauts et des bas, une vie où on peut s'amuser et surtout ne rien regretter. Helga et Yann habitent le centre de Bruxelles. NOUS/AUTRES est un voyage à travers leur existence, à travers leur présent. Dans ce présent, l'autre, l'immigré, le réfugié est là. Il habite la même ville, le même quartier, la même rue.
NOUS/AUTRES est un puzzle où fiction et documentaire permettent de poser la question de l'autre et du rapport complexe entre mémoire et présent. Comment comprendre l'autre ?
TEMOIGNAGES DE RESCAPES:GEORGES PASSELECQ
1995, Belgique, VO fr, Couleur
Producteur Fondation Auschwitz, Antenne belge des Archives vid éo Fortunoff de l'Université de Yale, Centre Audiovisuel de l'ULB
Né à Ixelles en 1909, Georges Passelecq se souvient de la Premi ère Guerre mondiale, de l'exil de sa famille suite à la condamnation de son p ère pour fait d'espionnage au profit de l'Angleterre, de la Belgique des années '20 et de son noviciat à Maredsous. Libertaire comme son père, il se forge une id éologie personnelle devant la montée du fascisme et les premi ères manifestations antisémites en 1934. Malgré la neutralité et l'indifférence de Maredsous, il collabore clandestinement à l'aide aux r éfugiés, juifs ou autres.
L'invasion des Allemands conduit les moines à évacuer vers la France. Après une première arrestation (qui se soldera par une évasion) et la capitulation, Georges Passelecq s'engage à la Croix-Rouge de Belgique. Il nous raconte la colère des Belges suite au discours du Roi, les premières bribes de R ésistance et son entrée au service de renseignements Martiny-Daumerie dès octobre 1940.
Arrêté sur dénonciation, il est incarcéré dans différentes prisons successives et, après un procès à Berlin, il est déporté à Dachau, où il se bat pour conserver vie et dignité.
Apr ès la libération du camp, il revient en Belgique et collabore avec les Alliés pour retrouver la trace de d éport és, puis réint ègre l'Abbaye de Maredsous.
Enfin, il évoque sa fonction de secrétaire à la "Commission Nationale Catholique belge pour les relations avec le monde juif", fondée en 1968.
MON SECRET
DIANE PERELSZTEJN
1991, Belgique, 52min, Couleur, Vidéo
Producteur CCIB Belgium
Distribution Les Films de la Mémoire
En Belgique, près de 4000 enfants juifs ont ét é sauvés de la tourmente nazie et ainsi ont échappé à une mort certaine. Pour survivre, ils durent endosser une fausse identité. Pour la première fois, après 50 ans, les enfants cachés brisent le silence et livrent le récit de leurs émouvantes expériences.
QUAND LES ETOILES ETAIENT JAUNES
LEON MICHAUX
1987, Belgique, VO fr , 30min, Couleur, vidéo
Producteur Canal Emploi, Les Grignoux
Interviews de liégeois ayant caché des Juifs durant la guerre. Ces mêmes juifs se souviennent et racontent leur réclusion, les raffles orchestr ées par les nazis, et le rôle important de la résistance à Liège.
COMME SI C'ETAIT HIER
MYRIAM ABRAMOWICZ, ESTHER HOFFENBERG
1980, Belgique, 86min, Noir&Blanc, 16 mm
Producteur Myriam Abromowicz and Esther Hoffenberg La résistance belge sauva plus de 4000 enfants juifs pendant l'occupation nazie. Le film est construit autour de témoignages de certains de ces r ésistants et de ceux qui furent ses enfants.
L'ORCHESTRE ROUGE
JACQUES COGNIAUX
1975 Belgique VO fr 89 min. Couleur
En 1938 apparaissait en Belgique l'un des plus vastes r éseaux d'espionnage de la Seconde Guerre Mondiale: l'Orchestre rouge. Ce r éseau russe devint bientôt la hantise des Allemands. A la tête de ce r éseau, Léopold Trepper, Juif d'origine polonaise militant communiste de la première heure.
A. Dartevelle, Henri Orfinger
1995, Belgique, 70 ’ / 65 ’ / 60 ’, VO fr, Couleurs/NB, Betacam SP
Production : Dérives, RTBF, Wallonie Image Production (WIP), avec l ’aide de la Communauté Française de Belgique et de la Région Wallonne
Contact : WIP, Liège
Un triptyque : trois films, quatre portraits de résistants, R égine Orfinger, Ignace Lapiower, Paul Nothomb, Marcel Duhen. Quatre anciens résistants confront és à des situations extr êmes aux confins de la vie et de la mort. Tout ce qu ’il ont fait , tout ce qu ’ils peuvent en dire. Comment le monde et la soci été ont pu les considérer et les regarder depuis 50 ans. Chacun d ’entre eux a tenté de communiquer une parcelle de l ’incommunicable.
LES ENFANTS DU CHATEAU
DIANE PERELSZTEJN
RTBF 11/6/95 29 ’47 N.B./Couleurs
Un jour que D. Perelsztejn regardait par hasard l ’émission « Inédits » à la RTBF, en 1989, elle y vit un extrait du film ... inédit de Paul Dath, photographe professionnel et cin éaste amateur, tourné en 1943 au Foyer Léopold III, situ é dans le parc du Château de Beloeil. Ce home abrita de 1941 à la Libération des centaines de petits réfugiés d ’Allemagne, d ’Autriche, d ’Albanie, dont une centaine d ’enfants juifs belges convoy és au ch âteau grâce à divers réseaux de résistance, venus « s ’y refaire une santé ».
Emue, intéressée par la problématique des « enfants cachés », encore peu connue à l ’époque, D. Perelsztejn se fit un devoir de « mettre un nom sur ces visages » et de les rencontrer ainsi que leurs sauveurs.
Cette enquête, longue et souvent ardue, fut menée conjointement avec ses collègues d ’IMAJ, Agnès Bensimon et Rachel Lipszyc.
« Ce qui constitue le principal int ér êt de ce documentaire-reportage, et le rend par ailleurs fort émouvant, c ’est la confrontation du pass é au pr ésent par un montage alternant des s équences du vieux film noir et blanc et des sc ènes tourn ées lors de la « Première Rencontre Europ éenne de l ’Enfant Caché », les 30 avril et 1er mai 1995. On y voit ainsi ce que sont devenus aujourd ’hui quelques uns de ces ex-enfants cach és qui se retrouvent pour la premi ère fois, 50 ans après la guerre, en pr ésence de leurs anciens compagnons d ’infortune, de leurs éducateurs, du personnel soignant et de leurs sauveurs.
En filmant les réactions des uns par rapport aux autres, en captant par-ci par-là des bribes de conversation, en recueillant le récit de tel ou tel témoin, la réalisatrice nous éclaire ainsi un peu plus sur ce que fut réellement la vie dans ce Foyer L éopold III, édifié dans la magnifique propri ét é du Prince de Ligne.
On lève un coin du voile sur tout ce qui ne pouvait être dit à l ’époque dans le trop joli film de P. Dath (on sent l ’oeil du photographe). La vie semble s ’y écouler d ’une fa çon idyllique, on est bien loin de la guerre : les enfants y sont beaux comme sur les chromos (m ême si certains sont atteints de dipht érie, de gale ou de poux), bien nourris ils passent leur temps, entre deux classes et siestes en plein air, à faire du cano é sous l ’oeil bienveillant de « Monseigneur », le Prince de Ligne. Bien entendu, cette vision idéalisée recouvre une réalit é intérieure bien plus tourmentée et dramatique.
Le Prince de Ligne reçut la « Médaille du Juste », d écern ée en 1975 par l ’Etat d ’Isra ël pour son action humanitaire. Les parents de Paul et Marcel Dath furent les parrains de deux enfants juifs cach és dans ce Foyer L éopold III. Il n ’en reste pas moins que des personnes non averties pourraient s ’imaginer, comme le suggèrent ces images léchées, qu ’à Beloeil tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Et c ’est là que réside pr écis ément tout l ’intérêt des témoignages recueillis aujourd ’hui et qui d énoncent l ’ambiguïté de ce genre de sauvetage. S ’il est vrai qu ’à Beloeil les enfants juifs ont pu y avoir la vie sauve et s éjourner dans des conditions bien meilleures qu ’ailleurs, ce fut souvent à un certain prix. Au prix de leur identité, de devoir se convertir, d ’oublier, ou pire, d ’avoir honte de ses parents, au prix aussi de vivre dans des angoisses perp étuelles d ’être reconnu et de devoir se m éfier de tous, m ême de ses condisciples. Alors, ce Château de Beloeil était-ce une « colonie de vacances de luxe » ou « un cauchemar » ? Les deux ensemble, sans doute. Mais comme le dit un des protagonistes du film : « Il faut pardonner, mais pas oublier » ! »
Portraits
LE NON-CONFORMISTE, Marcel Liebman
Hugues Le Paige
Belgique, 1996, 57 ’, Beta SP
Producteur Hugues Le Paige, Jacques Vierendeels, RTBF-D épartement Documentaires
Distribution RTBF
(...) « Le Non-Conformiste » n ’est pas un film sur l ’oeuvre de Marcel Liebman. En moins d ’une heure, il était évidemment impossible de pr ésenter son travail sur l ’histoire du mouvement ouvrier en Belgique ou sur la révolution russe, L énine et le l éninisme. De m ême, l ’apport de l ’enseignant ou le r ôle du militant ne pouvaient qu ’être effleur és. Le pr écurseur du dialogue isra élo-palestinien devait forc ément occuper une place centrale, mais sans que l ’on puisse évoquer toutes ses initiatives ; il fallait s ’interroger sur son rapport au juda ïsme, mais sans avoir la possibilit é de creuser une évolution et des interrogations qui n ’excluaient pas les contradictions. Il fallait que tout cela soit dit, il était impossible de s ’y attarder. Ce film n ’est pas davantage un « portrait » complet de l ’homme. Un film documentaire ne peut pr étendre à cette exhaustivit é, ni à cette complexité. J ’ai préféré tenter d ’approcher une d émarche intellectuelle qui traverse toutes les expressions de l ’homme, d ’ébaucher les multiples facettes du personnage. J ’ai essay é d ’esquisser la place qu ’il occupait dans cette soci ét é et aupr ès de ses amis, le vide qu ’il a laissé. Tout au long des t émoignages, des textes et des archives, l ’enseignant, l ’historien, le militant, l ’ami se croisent : ils sont évidemment ins éparables. Les contours de l ’intellectuel-en-action se dessinent au fur et à mesure que l ’on avance dans le film mais le « portrait » reste ouvert. Il subsiste des territoires inexplor és, des zones négligées : le travail du biographe reste à faire. Ce ne pourra être que l ’objet de l ’écrit avec toutes les nuances et les profondeurs qu ’il permet. L ’écriture de Marcel Liebman n ’est qu ’évoquée mais peut- être éclaire-t-elle sa personnalit é et son mode de fonctionnement mieux que tous les t émoignages.
Un tel film ne pouvait rester dans l ’ordre de la nostalgie ou dans celui de la fidélité commémorative, il eût trahi son sujet et son objet.
Ce film, travail de mémoire sur un homme de m émoire, est donc aussi une tentative de r éflexion sur l ’identité juive, le rôle de l ’intellectuel et le sens de l ’engagement politique.
L ’intellectuel critique est un homme rare dans ce pays. Rare et précieux. Marcel Liebman l ’incarnait mieux que quiconque.A contre-courant, Liebman a marqu é son temps et les questions qu ’il a posées continuent de nous interroger.
Hugues Le Paige
POLITIQUE ET RELIGION AU 19e SIECLE
Diane Perlesztejn
Emission "la pensée et les hommes", RTBF (19/03/96), 30'
A l'occasion de la sortie de son ouvrage "Politique et Religion au XIXème siècle", le CCIB, en la personne de Georges Schnek, a invité Jean-Philippe Schreiber à nous en parler brièvement et plus particulièrement du rôle du Consistoire central Israélite de Belgique au XIXème siècle.
Ce livre est une véritable histoire du judaïsme belge entre 1830 et 1914 dans un pays où la liberté et la modernité se sont le plus affirmées.
SIEGI HIRSCH, ARTISAN DES RELATIONS HUMAINES
Michel Mees et Paula Fuks
Pour ne pas subir les problèmes de société, Siegi Hirsch les devance. Son éternelle soif d’apprendre l’empêche de se poser ou de théoriser son savoir. Non sans humour, il se définit lui-même comme un « irréférentieux ». Siegi Hirsch a influencé de façon majeure la psychiatrie et la psychothérapie européennes. C’est par son travail de pédagogue et de psychothérapeute qu’il verse sa contribution à l’indispensable souvenir collectif. Témoin et acteur de la société, Siegi Hirsh mise une grande partie de son savoir-faire sur la créativité propre des gens à qui il s’adresse, ce qui en fait un « révélateur ».
Familles et générations
PETITE CONVERSATION FAMILIALE
HELENE LAPIOWER
Belgique, France, 1999, VO ang/fr/yidd, 75', Couleur, Vid éo
Producteur Margo Films, Paris; Paradise Films, Bruxelles
Distribution Paradise films
Hélène Lapiower mène une enquête familiale. A travers ce portrait familial, elle tente d'aborder une question essentielle, celle de l'identité juive et plus précisément ashkénaze.
MADAME FUKS ET SA FILLE
PHILIPPE CORNET
Belgique, 2000, 52', Couleur
Producteur Entre chien et loup, RTBF, CBA, Triangle 7
Distribution Entre Chien et Loup, Diana Elbaum
HEUREUX SEJOUR
MARTA BERGMAN
Belgique, 2002, 52'
Producteur Serge Kestemont, Luna Blue Film
"Je n'ai jamais essayé de reconstituer des récits de vie, je ne voulais pas situer le film dans le passé, mais plutôt mêler le passé au présent et au futur qui est inévitablement la mort. Indépendemment de ce que les gens racontent, ce qui m'intéresse c'est la vieillesse extrême. Dans mon film, j'ai volontairement accentué l'isolement. Montrer les obsessions, leur isolement. "
Je ne sais jamais que répondre à ma grand-mère lorsqu’elle me parle de sa mort. Je fais semblant de ne pas l’entendre ou change le cours de la conversation, pour la distraire et pour y échapper moi-même. Je lui rends visite chaque dimanche à L’Heureux Séjour, le foyer où elle vit. La porte à peine franchie, je baisse les yeux pour ne pas affronter les regards des vieilles qui se posent sur moi. Derrière ma caméra, j’avance masquée à la rencontre de Léa, Berlinska, Lilly, Bella et les autres. Adorables sorcières aux visages fripés, vous ne m’attendez pas, une tasse de thé à la main, avides de me raconter vos souvenirs. Vous êtes revêches, indifférentes à mon intérêt pour vous. Je dois gagner vos confidences comme un cadeau que j’arrache. Sans complaisance vous me renvoyez à mes propres frayeurs. Qui s’imagine vieillir un jour ?
Religion
LES JUIFS D' ANVERS
DIRK DUMON
Belgique, VO fr/n éer/yid ,55', Couleur
Le réalisateur s'est immergé dans un monde attachant mais qui peut paraître étrange au non-initié: celui des juifs orthodoxes d'Anvers (et plus particuli èrement des adeptes du hassidisme).
COMMEMORATION DU 65 ème ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNAUTE ISRAELITE ORTHODOXE DE BRUXELLES
JUBILE DES 25 ANS DE RABBINAT DU GRAND-RABBIN CHAIKIN
RTBF 20/6/93 30 ’
Ces deux anniversaires ont été fêtés à la Maison Communale d ’Anderlecht le 6 juin 1993 en pr ésence des Hautes Autorités du pays et de l ’Ambassadeur d ’Israël.
La première partie nous montre, en un bref historique, les origines de la communauté juive implantée à Anderlecht depuis la fin du 19 ème siècle, après une immigration massive de Juifs de Russie fuyant les pogroms tsaristes des ann ées 1880. En 1904, les Juifs louaient un oratoire rue Van Artevelde. En 1906, ils fréquentaient celui situé au 18 de la rue de Lenglentier. En 1912, celui-ci obtint par arrêté royal le titre de « Communauté Israélite Orthodoxe de Bruxelles ». En 1928 : pose de la première pierre de la synagogue de la rue de la Clinique. L ’inauguration ne se fera qu ’en 1933 dans un contexte économique et politique très difficile. Après la Shoa, le Grand-Rabbin Steinberg terminera non seulement les installations intérieures du bâtiment, mais contribuera aussi à la « reconstruction » spirituelle de la communauté. 1947 voit la naissance de l ’Ecole Israélite de la rue du Canal qui sera soutenue par les rabbins successifs.
La deuxi ème partie nous raconte le parcours étonnant du Grand-Rabbin I. Cha ïkin. N é en Russie en 1930, fils et petit-fils de rabbins, il devint après la guerre l ’envoy é principal du Rabbi de Lubavitch de New-York. Son périple le mena, entre autres, au Maroc, à Pittsburgh, au Danemark, avant d ’aboutir à Bruxelles où il devint l ’un des principaux responsables de sa communaut é juive. Tr ès actif, il est ainsi : Président du Beth Din (tribunal rabbinique), initiateur et Vice-Pr ésident de la « Maison des Etudiants Juifs de Bruxelles », consultant de l ’Assemblée des Rabbins de l ’ex-URSS. Celle-ci aide et revitalise les communaut és juives de la C.E.I. Par ses nombreuses missions en ex-URSS, le rabbin Chaïkin est redevenu le grand voyageur qu ’il avait ét é. En 1990, il a été d écoré Chevalier de l ’Ordre de la Couronne.
En 25 ans de rabbinat, la principale évolution qu ’il ait constatée est cette quête par la nouvelle g én ération de ses racines. En ces temps difficiles, la jeunesse est d ’autant plus avide de comprendre, de savoir. Elle est heureuse alors qu ’il y ait un lieu o ù elle puisse se référer.
FETE DE HANOUCCA A LA SYNAGOGUE DE CHARLEROI
DIANE PERELSZTEJN, FRANCIS CLAUDISSE
RTBF 12/12/93 48 ’26
Captation de la fête de Hanoucca à la synagogue de Charleroi, pendant l ’allumage de la seconde bougie.
De jeunes enfants (8-10 ans), après quelques chants de Hanoucca, ont interpr été une pièce de théâtre in édite en quatre actes, « Le Miracle du Sevivone » (=toupie) de Viviane Blum. L ’histoire de Hanoucca est évoqu ée par des dessins réalisés par les enfants et par des puzzles reconstitu és par eux. L ’histoire de Jérusalem fut illustrée par dix affiches, représentant « Jérusalem à travers les âges » et provenant du Musée de la Diaspora, le Beth Hatsevousoth. Elle fut aussi évoqu ée par Maurice Konopnicki (du CID) et Jean-Claude Blum s ’entretenant sur le th ème de « L ’importance de J érusalem dans l ’Histoire du Peuple Juif ».
Jérusalem devint Ville Sainte au X ème siècle av. J.C. grâce au roi David qui en fit sa capitale et le symbole « de la joie de son peuple ». Son fils, Salomon, y construisit le fameux Temple. J érusalem a symbolisé le passage des Juifs de l ’état de peuple à celui de nation. Le regard des Juifs, m ême dispersés pendant des siècles, a toujours été tourné vers Jérusalem. Même quand son Temple fut d étruit et qu ’elle a cessé d ’exister en tant que capitale, la ville de Jérusalem a gard é toute son importance dans la m émoire des Juifs, par son rappel constant dans les pratiques religieuses (pri ères). Jérusalem et Sion sont synonymes et d ésignent à la fois la Ville, le Pays et le Peuple Juif tout entier. Ces trois notions ont fusionné en une grande unité qui est devenue le symbole de leur foi et de leur identité.
Communauté et Belgique
LA ROYAUTE ET LA COMMUNAUTE. HOMMAGE AU ROI BAUDOUIN ET A LA MAISON ROYALE
DIANE PERELSZTEJN
RTBF 21 et 26/12/93 27 ’07
Le 15 novembre, pour la fête de la Dynastie, se déroule chaque année une cérémonie dédiée à nos souverains en pr ésence des plus hautes autorit és de la ville, dans la petite synagogue de Liège. L ’office conduit par le ministre-officiant, Moïse Eskenazi, se compose de psaumes, de pri ères, louanges et voeux pour la famille royale.
Le 7 septembre 1993, à la date anniversaire de la naissance du roi Baudouin (il aurait eu 60 ans), s ’est tenue à la Grande Synagogue de Bruxelles une c ér émonie solennelle d ’hommage à la m émoire du Souverain d éfunt. Sa disparition soudaine, le 31 juillet 1993, a beaucoup touch é la communaut é juive qui a pris part au deuil national. Ces hommages rendus aux souverains sont l ’expression de la gratitude des Juifs de Belgique envers ceux qui leur ont toujours t émoign é un int ér êt plus que bienveillant. Ainsi, d ès 1831, la Constitution garantit la libert é des cultes et L éopold II, le « roi b âtisseur », encouragea la construction de la Grande Synagogue, rue de la R égence, à Bruxelles.
Au XX ème siècle, ces liens privilégiés se sont encore renforcés, comme le montrent les archives de la RTBF et de Shema Israël. Cet intérêt s ’est m ême porté jusqu ’aux Juifs d ’Israël. En 1959, la reine Elisabeth inaugura à J érusalem le Musée Arch éologique qui porte son nom. En 1960, le roi Baudouin fut accueilli pour la premi ère fois en Israël par Ben Gourion. En 1964, lors d ’un voyage officiel en Isra ël, le roi Baudouin et la reine Fabiola visitent J érusalem et inaugurent la « For êt Roi Baudouin ». Tandis que le roi Baudouin visitait, à Anvers, une exposition consacr ée au diamant, la reine conf érait son Haut Patronage à l ’Heureux S éjour et au Service Social Juif. Emu par le sort des Juifs pendant la guerre, le couple royal se rendit à Auschwitz en 1977. Toujours compatissant, le roi se recueillit le 4 mai 1990 devant le M émorial des Martyrs Juifs d ’Anderlecht.
L ’EDUCATION JUIVE EN PERIL
DIANE PERELSZTEJN
RTBF 3/9/95 25 ’23
Le 5 août 1995, la Communauté Française de Belgique a adopté un décret obligeant, pour la rentrée, les écoles secondaires de moins de 400 élèves à se regrouper. C ’est une mesure qui affectera certainement les écoles juives qui n ’atteignent pas ce quota.
D ès lors se pose une question cruciale: est-ce que plusieurs écoles juives peuvent coexister à Bruxelles ? « C ’est un décret malheureux », comme le pense le rabbin A Guigui, car il portera certainement pr éjudice à la qualité de l ’enseignement dispens é dans ces établissements où des relations privilégiées ont pu s ’établir entre professeurs et élèves précisément grâce à leur nombre pas trop élevé.
Maimonide, déjà au XII ème siècle dans le Talmud, estimait qu’il n’est pas judicieux de faire des économies dans le domaine de l ’éducation et qu ’il fallait au contraire multiplier les écoles car les « enfants à l ’école sont le souffle du monde ».
Mais quel est donc l ’apport spécifique de l ’école juive ?
Elle apporte une « certaine vision du monde », une synth èse entre l ’éducation traditionnelle et moderne, une « recherche du sens » dans une société en perte de valeurs.
Deux établissements ont été choisis ici pour représenter, chacun à sa manière, deux courants du juda ïsme bruxellois.
Le premier, l ’Athénée Maimonide, créé en 1947, dont les nouveaux locaux furent inaugurés en mars 1993 par le ministre de l ’Education de l ’époque, Elio Di Rupo, est surtout reconnu pour son enseignement bas é sur les valeurs de la tradition religieuse, pour « l ’enracinement de l ’enfant dans le terreau de son peuple » d’après le rabbin A. Guigui. Mais pour Di Rupo, c ’est aussi « un creuset d ’émancipation qui inculque des valeurs humanistes ».
De même, pour Raphaël Benizri, son ancien préfet, cet enseignement permet « une préhension du monde moderne par le prisme de la tradition ».
Quoiqu ’il ne se consid ère pas comme un établissement « élitiste », cet Athénée a tout de même « fourni » de nombreux cadres à la communaut é juive.
Le second établissement évoqu é ici, plus succinctement il est vrai, est l ’Ecole Beth Aviv, fondée par Anne Bibrowski à la fin des ann ées ’70. Celle-ci, excédée à la fois par le mépris témoigné envers le judaïsme et par la honte que les Juifs éprouvaient envers eux-mêmes, s ’était demandé comment faire prendre conscience aux gens, à la nouvelle g én ération surtout, de leurs propres valeurs, « ces hautes valeurs ancestrales », comment leur rendre leur fierté, comment leur faire acquérir une identité forte.
Toutes ces considérations (et d ’autres encore, non développées ici) l ’ont amenée à créer cette école qui pourrait ainsi changer cette vision négative que le monde a des Juifs.
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