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Hélène Lapiower
 

 

...à propos de la petite conversation familliale,

"Quand j'ai commencé à filmer ma famille, j'avais envie de conserver les images de mon propre monde, qui semblait me filer les doigts. Un petit monde juif en voie de disparition. Je voulais faire aussi le lien entre deux univers. Moi, actrice à Paris, et ma famille de petits prolétaires juifs polonais émigrés. aujourd'hui, je me rends compte du film que j'ai fait. La question brûlante ressort d'elle même: à quel point ma génération a été touvhée dans son intimité par le poids de l'histoire. Comment les grandes valeurs d'ouverture qui nous ont été transmises, puisées dans l'histoire des persécutions juives, portaient en elles cette contradiction de mener à la rupture avec l'identité juive."             
Hélène Lapiower

 

Extrait de l'article de Frédéric Strauss, pour Télérama, 14/06/2000.

...Pour son film, imaginé et finalement monté dans sa chambre, H. Lapiower invente le concept plaisant de "room movie". Le projet, dit-elle, était à la fois intime et concret: "trouver ma place". Après avoir quitté  Bruxelles et sa famille de "prolétaires juifs polonais émigrés" pour "le milieu élitiste parisien" du cinéma et du théâtre, H. Lapiower eut le sentiment d'être "coupée en deux". Et le fait d'être comédienne n'était pas forcément le meilleur remède à cela: "J'existais pour mon talent en tant qu'actrice, mais c'est totalment abstrait, le talent. Ce n'est pas un vrai dialogue avec le monde. Il peut y avoir un énorme décalage entre ce qu'on joue, la reconnaissance que cela donne et ce qu'on est réellement. La réalisation du film a été pour elle à la fois un processus d'épanouissement personnel et une avancée vers les autres, les proches, les familiers. Mais aussi les plus lointains: nous, spectateurs. "Si je m'étais entendue dire que j'allais faire un film sur l'histoire d'une famille juive, je me serais dégoûtée à l'avance. Mais j'avais l'impression que mon room movie rencontrerait une réalité du monde: ce qui y disparaît, ce qui s'y perd, les cultures et les sous cultures, le destin des minorités. Ca ne concerne pas que l'histoire de ma famille".

 

 

Extraits de l'interview menée par Janine Halbreich-Euvrard pour le journal REGARDS, 30/11/99.

"Alors, pour toi, être juif, c'est être juif ?". Je trouve cette phrase intéressante car c'est vrai qu'il est difficile maintenant de dire ce que c'est qu'être juif. Je pense que ma génération et moi nous somme un peu comme les derniers des mohicans avec quelques restes, quelques bribes, quelques morceaux de yiddish auxquels nous sommes très attachés.

"Ce film est une forme d'au revoir. Je me suis rendue compte qu'il y a un monde qui finit, je l'accepte et je ne pense pas qu'il faille tout faire artificiellement pour le prolonger, mais par contre il faut raconter, il faut savoir d'où on vient pour savoir où on va".

J'avais un réel besoin de faire le film, de dépasser quelquechose, de porter au monde ma famille, de l'admettre, de me faire admettre moi-même. Ma mère disait toujours quand nous étions petits: "pour vivre heureux, vivons cachés". Il y a un complexe énorme dans ma famille que j'ai du porter. 

 

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