PASSEUR D HOMMES

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la résistance française engage un Basque espagnol pour faire traverser la frontière au professeur Bergson et sa famille. Très vite, ils sont poursuivis par un dangereux nazi sadique.


L’avis d’IMAJ, par Jack P. Mener

Tourné comme une super production hollywoodienne, ce film d’aventures du réalisateur britannique chevronné John (dit Jack) Lee Thompson (Les Canons de Navarone, 1961), son 36e long métrage, qui mais relate une haletante chasse à l’homme par les nazis dans les Hautes Pyrénées pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le scénario de Bruce Nicolaysen, d’après son propre roman (Perilous Passage, 1976) fertile en rebondissements et scènes spectaculaires, raconte comment la résistance française tente de faire passer en Espagne un renommé scientifique britannique (incarné par le brillant James Mason, pas dans sa meilleure prestation ici) convoité par Hitler et dont les nazis veulent s’emparer à tout prix. Ils soudoient pour ce faire, un berger basque expérimenté, magnifiquement campé par Anthony Queen qui aura bien du fil et des cordes à retordre pour préserver le petit groupe de réfugiés des griffes d’un délirant officier de la Gestapo. Ce dernier est interprété avec brio et délectation par le sémillant Malcom Mc Dowell qui donne ici un numéro d’acteur sadique digne de sa prestation dans le violent Orange mécanique (1971) de Stanley Kubrick. Il se démène véritablement pour être le point de mire et le deus ex machina de cette fuite éperdue. Au point que le posé James Mason lui aurait dit en cours de tournage : « Très belle prestation, mais jouons-nous dans le même film ? ». Une poignante chasse à l’homme, truffée d’embûches et vécue, à propos, sur les mêmes lieux et à la même époque, de façon similaire sinon aussi spectaculaire, par l’auteur de ces lignes, avec ses parents.
Le tournage s’est déroulé, pour les impressionnantes scènes de montagne enneigées, avec grand déploiement de moyens pour les épisodes d’explosions, d’avalanche, et autres exploits d’alpinisme acrobatique, dans plusieurs lieux des Pyrénées près de Tarbes. Le casting, outre Anthony Quinn, James Mason et Malcom Mc Dowell, comprend quelques autres grands noms comme Christopher Lee, Patricia Neal, Michael Lonsdale, Marcel Bozuffi et révèle la jeune et sculpturale Kay Lenz dans des séquences de nu et de viol fort explicites pour l’époque dans un scénario qui rebondit plus d’une fois dans des directions parfois inattendues. Ce scénario est un des rares à évoquer la persécution nazie envers les Tsiganes et à rendre hommage aux actes d’héroïsme dont certains firent preuve.
En dépit de tant d’investissements, le film n’est passé qu’une semaine dans un seul cinéma aux USA, où il n’a même pas été diffusé en DVD, sauf maintenant en Europe où il n’a jamais été distribué sur grand écran. Ce DVD plutôt de divertissement, est donc presque une rareté, sort sévère pour quelques invraisemblances et dérapages certes, mais qui n’empêchent ni de suivre cette intrigue captivante jusqu’à son terme ni d’admirer les nombreux talents réunis ici par le vétéran du film d’action, J. Lee Thompson.