BULGARIAN RHAPSODY

Été 1943. La population de Bulgarie est sous la domination allemande. Les Bulgares ont pour ordre de déporter les Juifs en train à travers la Bulgarie vers des camps de concentrations. Durant ce temps, le film nous raconte l’histoire de Moni, un jeune juif de Sofia et Giorgio le fils du commissaire des affaires juives. Ils rencontrent Shelly, une jeune fille juive de Kavala et tombent amoureux d’elle. L’amitié et l’amour pourront-ils contrer le destin de Shelly et Moni ainsi que les autres juifs?
11. 343 Juifs de Macédoine et de Thrace ont été déportés.


L’avis d’IMAJ, par Jack Mener

Voici un outil à la fois pédagogique et captivant pour un public adolescent. Une évocation romancée de la vie juive à Sofia, sous l’occupation nazie, par le Bulgare Ivan Netchev (ou Nechev), réalisateur plutôt mal connu du grand public malgré ses 17 longs métrages à ce jour. J.P.M. Lire plus
Bulgarian Rhapsody, tourné en 2014, est une co-production bulgaro-israélienne et le dernier volet de sa trilogie consacrée au sort de la communauté juive de Bulgarie pendant la Seconde Guerre Mondiale, après After the End of the World en 1999 et A Journey to Jerusalem en 2003. Tous trois ont à chaque fois représenté la Bulgarie dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger, sans toutefois être primés. Plusieurs des films de Netchev ont par ailleurs obtenu des récompenses dans divers festivals de par le monde.
Manifestement il s’agit d’un réalisateur qui a un solide savoir-faire, même si dans ce film-ci, il se complaît dans le conventionnel et que le jeu un peu théâtral de certains des acteurs les moins expérimentés tranche avec l’aplomb des quelques routiers du casting (dont deux acteurs israéliens) .
Nous sommes à Sofia pendant l’été 1943 où la population subit le poids des Lois de Nuremberg auxquelles la Bulgarie a dû se soumettre suite à son l’alliance avec l’Allemagne hitlérienne. Les Juifs en seront les premières victimes en dépit du soutien de la majeure partie de la population et de sa résistance à livrer les listes des Juifs, cas exceptionnel dans l’Europe de l’époque.
Dans ce contexte, le timide lycéen juif Moni (Kristiyan Makarov) a pour meilleur ami le chrétien et déluré Giogio (Stefan Popov) dont le père antisémite brutal est le commissaire en charge de la déportation des Juifs de Sofia. Moni reçoit la visite de sa très jolie cousine, la peu farouche Shelly (Anjela Nedyalkova qui n’hésite pas à nous dévoiler ses charmes) venue de Kavala, ville côtière de la Grèce voisine. Les deux garçons en tombent amoureux, sans pour autant que leur complicité n’en souffre. Le trio, d’abord insouciant du déroulement des événements, va voir l’étau de la persécution des Juifs se resserrer et chacun s’y trouvera dramatiquement confronté.
Ce n’est certes pas la première fois que l’on évoque de façon indirecte au cinéma la tragédie de la Shoah et la persécution des Juifs par les nazis (Au revoir les enfants, Lacombe Lucien, Le vieil homme et l’enfant,…) Mais l’originalité de Bulgarian Rhapsody est d’y intéresser les nouvelles générations en combinant le rappel de ces pages noires de l’Histoire avec l’intrigue romantique d’un triangle amoureux entre adolescents bénéficiant de cet esprit de tolérance à l’égard des Juifs et de leur riche culture qui régnait en Bulgarie avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale. Une solidarité courageuse qui a permis de sauver près de 50.000 d’entre eux sur une communauté d’environ 60.000 âmes. Une bonne entente et des actes de résistance héroïque peu connus que Ivan Netchev a tenu à remémorer et faire revivre par le prisme de la fiction cinématographique.
Il est particulièrement opportun, en nos temps troublés par le retour des vagues de xénophobie et d’antisémitisme, de montrer à nos jeunes et à leurs parents qu’il y a toujours moyen de résister aux réflexes égoïstes du rejet des autres.

Précisions au niveau des chiffres :
« … En février 1943, Alexandre Belev et l’envoyé d’Adolf Eichmann le SS Haupschturmfuehrer Theodor Dannecker, signent un accord pour la déportation de 20.000 Juifs des « nouveaux territoires bulgares » vers la Pologne. Comme il n’y avait que 11,000 Juifs en Thrace et en Macédoine, les 9,000 autres devaient être pris dans les « vieux territoires ». Mais, bien heureusement, une vague de protestation commença à monter. Déjà une opposition s’était fait jour contre l’Acte de la Nation. Des lettres de protestation ont été envoyées aux parlementaires par l’Union des Avocats, l’Union des Médecins et l’Union des Artistes. Les écrivains bulgares les plus en vue protestèrent également. Malgré tout, le 4 mars 1943 les autorités bulgares font monter sur des trains de la Compagnie des Chemins de Fer Bulgare 7.122 Juifs de Macédoine, 4.221 de Thrace et 185 de Pirot. Tous sont déportés vers les camps de la mort… »
Rémy Israel Mendelgwaig

Trailer / Extrait

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