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LANG IZ DER VEG - LANG IST DER WEG (Long Is The Road - Longue est la route)

Titre Original LANG IZ DER VEG - LANG IST DER WEG
Titre traduit Long Is The Road - Longue est la route
Réalisateur FREDERSDORF
Herbert B.
GOLDSTEIN, Marek
Distribution National Center for Jewish Film pour la restaurati
Production Abraham Weinstein
Année 1948
Format VHS + DVD
Durée 80'
Langue Yidd, Pol, All, st Fr.
Musique Lother Bruhne
Distinction
Interprètes Israel Becker, Berta Litwina, Jacon Fischer, Bettina Moisi
Résumé
Diffusion
Lien film Accès exclusif membres IMAJ - écrivez un e-mail à documentation@imaj.be
Droit 0
Festival 13th Jerusalem Film Festival
Genre Fiction
Shoah
Auteur du Commentaire Agnès Bensimon
Commentaire d'Imaj Tourné deux ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, ce film est la première fiction exprimant un point de vue juif sur la Shoah, interprétée par des acteurs et des actrices d’une troupe de théâtre yiddish fondée en 1945 en Pologne, revivant devant la caméra des scènes éprouvées dans leur chair. Le récit intègre des images d’archives à la fiction, lui donnant un aspect de semi-documentaire. Ce souci de réalisme comme la volonté d’ancrer la crédibilité de l’histoire dans l’Histoire, soulève dès l’origine la question fondamentale de la représentation de la Shoah à l’écran. Ainsi le film est-il tourné dans le « décor naturel » du camp de Landsberg, en Bavière, où Hitler rédigea Mein Kampf pendant sa captivité et administré par l’armée américaine. Le plus grand des camps de Personnes Déplacées héberge des Juifs de toute l’Europe. La bande son également restitue la diversité des langues, mêlant les accents yiddish, polonais et allemand. A plus d’un titre Lang iz der Weg est un film fondateur du cinéma de la Shoah. Les années n’ont rien effacé de sa puissance évocatrice, portée par la force de l’acteur et scénariste Israël Becker. Il est en effet à l’origine de ce film dont l’histoire est librement inspirée de son propre vécu. Lang iz der Weg met en scène une famille juive polonaise, les Yelin, vivant à Varsovie, juste avant l’enfermement de la communauté dans le ghetto. Il reconstitue, avec de nombreuses séquences d’archives, la traversée des persécutions subies durant les années de guerre : les déportations, les convois, l’arrivée au camp d’extermination d’Auschwitz–Birkenau, la sélection des victimes, les fumées noires lâchant vers le ciel les escarbilles des suppliciés. Le protagoniste, David Yelin, comme Israel Becker le fit lui-même, échappe au sort des siens en s’évadant du wagon. Il survit dans la clandestinité puis se retrouve à Landsberg, à la recherche incessante des membres de sa famille, parmi les personnes déplacées. Il y rencontre la jeune Dora Berkowicz, une survivante des camps de la mort. Comme de nombreux autres rescapés ayant tout perdu, sur fond d’une Europe en ruines, ils décident de se tourner vers l’avenir. Dans un long monologue adressé à Dora mais surtout au public, David exhorte toutes les victimes de la guerre à extirper d’eux-mêmes la haine et le désespoir. Le film s’achève sur cette note positive enjolivée par l’aspiration du jeune couple à rejoindre la terre d’Israël, présentée comme la terre du seul renouveau possible pour les Juifs persécutés. On est en 1948 … Israël Becker, né à Bialystok en 1917, était une étoile montante du théâtre yiddish en Pologne jusqu’à l’invasion allemande en 1939. S’il s’est échappé, ce n’était pas d’un train en partance pour Auschwitz mais pour la Russie. Traqué par les soldats de la Wehrmacht, il avait sauté du wagon au moment propice. Entre 1940 et 1944, il étudie à l’Ecole du Théâtre Yiddish de Moscou. Au sortir de la guerre, il est le seul survivant d’une nombreuse famille. Agé de 30 ans à peine, Israël Becker met toute son énergie, à faire aboutir son projet. Les réalisateurs, Marek Goldstein et Herbert Fredersdorf ont une notoriété établie. Le producteur, Abraham Weinstein obtient le soutien technique et financier du Bureau du Gouvernement Militaire américain, qui contrôle alors l’Allemagne d’après-guerre. Une fois Lang iz der Weg achevé, Becker part en Israël en 1948 où il deviendra acteur au Théâtre National Habima, réalisera quelques films et se tournera vers la peinture. Le film n’a pas rencontré le succès au moment de sa sortie en Allemagne en 1949 et il a été diffusé dans différents pays à des dates très espacées. Pourtant, il n’a jamais disparu complètement des mémoires des cinéphiles. Sa restauration, en 1996, grâce au travail exceptionnel du Centre National du Film Juif de l’Université de Brandeis aux USA, lui a redonné une nouvelle vie et permis de poursuivre sa route…

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