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LES DEUX VIES D'EVA

Titre Original LES DEUX VIES D'EVA
Titre traduit
Réalisateur HOFFENBERG
Esther
Distribution
Production Les Films du poisson
Année 2004
Format VHS + DVD
Durée 85'
Langue Fr.
Musique
Distinction
Interprètes
Résumé
Diffusion
Lien film Accès exclusif membres IMAJ - écrivez un e-mail à documentation@imaj.be
Droit 0
Festival
Genre Documentaire
Auteur du Commentaire Agnès Bensimon
Commentaire d'Imaj Polonaise de culture allemande et protestante, élevée dans la grande bourgeoisie industrielle de Sosnowiec, Eva, la mère de la réalisatrice, a quitté la Pologne à l’arrivée des Soviétiques, en 1945. C’est dans l’Allemagne d’après-guerre qu’elle rencontre Stas Hoffenberg, dit Sam, jeune juif survivant du ghetto de Varsovie. Elle part avec lui à Paris. En épousant Sam, Eva épouse aussi son histoire et son identité, et tire un trait sur la sienne. Le bonheur du couple ne cesse de grandir jusqu’en 1970 où Eva est prise d’une première bouffée délirante. En 1978, elle traverse une nouvelle crise et se met à raconter à Esther la jeune fille qu’elle était avant de rencontrer son père. Après des décennies de silence, elle lui révèle les tourments de sa conscience, liés à son identité allemande pendant la guerre. En 1978, Esther Hoffenberg, jusque-là productrice, travaille à son premier film documentaire Comme si c’était hier. Elle va conserver longtemps leur dialogue, des photographies et des notes prises au même moment. Ce n'est qu'à la mort d'Eva, en mars 2001, qu'elle décide de faire un film. Il a pris forme à partir d'une voix, celle de sa mère, l'enregistrement du récit réalisé en 1978, et se termine par la découverte du testament de son grand-père maternel dans les archives conservées au musée de Sosnowiec. Entre les deux, la réalisatrice déroule le fil d'une enquête construite à partir d'un matériel très riche, photographies, films de famille, correspondances, écrits de sa sœur, de sa mère, sculptures de sa grand-mère, témoignages… Elle va restituer pas à pas cette « première vie » d’Eva, longtemps occultée. Elle se rendra en Pologne, à la recherche d’un grand-père qu’elle n’a pas connu, duquel elle sait si peu de chose. Qu’il avait préféré demeurer à Sosnowiec à la fin de la guerre, après avoir envoyé son épouse Gisela et Eva, la seule fille qui lui restait, à Göttingen en Allemagne. Qu’il ne les reverra plus. Que le frère de sa mère avait été porté disparu à Stalingrad, que sa sœur avait péri dans un accident. Si peu de choses … La réalisatrice n’avait d’autre choix pour comprendre quels tourments hantaient sa mère que d’affronter un passé trouble, traversé par la guerre, constitué d’identités multiples … et de culpabilité. En effet, le déchirement intérieur d’Eva que traduisent ses bouffées délirantes va peser sur toute l’histoire familiale. En réalisant ce documentaire, Esther Hoffenberg fait œuvre libératrice, pour elle-même, pour les siens. Ces « deux vies d’Eva » pourtant nous touchent. La portée universelle du film réside dans sa nature même : une catharsis pour échapper à la maladie mortelle du silence.

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